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Actualités - Analyse

Vache folle : une nouvelle épidémie de grande ampleur est à craindre

LONDRES, 15 Janvier (AFP). — Il est impossible d’écarter l’éventualité d’une épidémie de grande ampleur du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (V-MCJ), suspecté d’être lié à la maladie de la vache folle, estiment des scientifiques britanniques dans le magazine scientifique Nature.
«Il est trop tôt pour écarter l’éventualité d’une épidémie de grande ampleur», au vu des éléments à la disposition des scientifiques, a déclaré mercredi au cours d’une conférence de presse le professeur Peter Smith du département d’épidémiologie de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, qui a participé à l’étude publiée par le magazine.
L’équipe, dirigée par le docteur Simon Cousens et assistée de chercheurs de l’Unité nationale de surveillance de la MCJ à Edimbourg, a réalisé une étude statistique sur l’étendue prévisible du nombre de personnes atteintes par la maladie.
A l’heure actuelle, 14 cas du nouveau variant de la MCJ ont été confirmés en Grande-Bretagne, plus un cas «probable» et un cas confirmé en France. Ces 14 cas britanniques n’impliquent «pas nécessairement que l’épidémie sera d’une faible ampleur», ont prévenu les chercheurs.
Selon eux, si le nombre de cas déclarés de la V-MCJ reste globalement stable ou en dessous de 20 pour chacune des trois prochaines années, l’ampleur totale de l’épidémie pourrait se chiffrer à quelques centaines de cas, voire moins.
En revanche, si le nombre de cas déclarés chacune des trois prochaines années atteint ou dépasse le nombre de 25, alors l’épidémie pourrait atteindre plusieurs milliers de cas à terme.
Pour réaliser cette estimation, les chercheurs ont utilisé des modèles mathématiques en s’appuyant sur un certain nombre d’hypothèses, comme la durée d’incubation de la maladie ou le degré d’efficacité de l’interdiction d’entrée de certains éléments bovins dans la chaîne alimentaire humaine depuis novembre 1989.
Le problème pour établir des estimations crédibles est l’absence de données certaines sur la maladie. La durée d’incubation est par exemple estimée à entre 10 et 25 ans. Les chercheurs ont chiffré le degré d’efficacité de l’interdiction à entre 90 et 100%, selon les courbes, tout en reconnaissant qu’une estimation de 100% d’efficacité pêcherait «probablement par excès d’optimisme».
L’estimation la plus pessimiste, en se fondant sur une période d’incubation de 25 ans et un degré d’efficacité de 90%, indique un total de 80.000 personnes infectées par la V-MCJ en Grande-Bretagne.
Les chercheurs hésitent pourtant à «tirer des conclusions sur des calculs basés sur peu de données et des hypothèses actuellement invérifiables». «Il faudra compter plutôt en années qu’en mois pour avoir réellement une idée précise du nombre de personnes contaminées», a indiqué le docteur Simon Cousens.
Les prévisions devraient s’affiner notamment dès que la durée d’incubation sera mieux connue, ont indiqué les scientifiques. D’autre part, le délai entre l’apparition des premiers symptômes et la confirmation de la maladie est de un an en moyenne, ce qui rend un peu plus incertaines les estimations, a précisé le Pr Smith.
Jusqu’ici, le diagnostic de la MCJ se faisait après une biopsie cérébrale (prélèvement sur le cerveau), réalisée du vivant du patient, avec un fort risque, ou le plus souvent grâce à une analyse après le décès. Une étude a confirmé récemment qu’une analyse de tissus provenant des amygdales pourrait permettre un diagnostic précoce de la maladie.
Pour obtenir des estimations plus précises sur l’évolution de l’épidémie il est également nécessaire d’établir à travers quels produits la contamination s’est effectuée. On a beaucoup parlé des hamburgers, mais cette hypothèse n’a «pas été vérifiée» pour le moment, ont précisé les chercheurs.
Le Pr Smith a cependant indiqué que les premiers signes étaient encourageants. Le nombre de cas suspects, pour lesquels des analyses sont en cours, est «très limité, moins d’une dizaine», a-t-il précisé, dont la majorité ne devrait pas être confirmée comme étant des cas de V-MCJ. «Plus longtemps le nombre de cas confirmés reste limité, plus nous pourrons être confiants sur la possibilité d’écarter une épidémie de large envergure», a-t-il dit.
LONDRES, 15 Janvier (AFP). — Il est impossible d’écarter l’éventualité d’une épidémie de grande ampleur du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (V-MCJ), suspecté d’être lié à la maladie de la vache folle, estiment des scientifiques britanniques dans le magazine scientifique Nature.«Il est trop tôt pour écarter l’éventualité d’une épidémie de grande ampleur», au vu des éléments à la disposition des scientifiques, a déclaré mercredi au cours d’une conférence de presse le professeur Peter Smith du département d’épidémiologie de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, qui a participé à l’étude publiée par le magazine.L’équipe, dirigée par le docteur Simon Cousens et assistée de chercheurs de l’Unité nationale de surveillance de la MCJ à Edimbourg, a réalisé...