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Actualités - Reportage

Un virus interne : la politique des axes...



Une rupture aussi discourtoise, c’est pénible. Côte à côte pour une occasion aussi solennelle que l’Iftar de Dar el-Fatwa, les présidents ont réussi à ne pas se parler, à se tourner le dos en somme! M. Nabih Berry, qui attaque et qui boude, aurait même lancé à l’infatigable conciliateur qu’est M. Michel Murr «personne ne peut faire la grosse tête avec moi...» Bien entendu, il s’est abstenu de saluer le chef de l’Etat à son arrivée ou à son départ...
parallèlement, selon divers témoignages le président de la Chambre ne cesse de fulminer dans ses assises privées contre le système de la troïka «cause de tous nos malheurs». De son côté, le ministre de la Défense va encore plus loin. Prenant acte avec satisfaction du faire-part de décès lancé par l’un des membres de la famille, à savoir M. Berry, il ajoute en substance «qu’après les funérailles de la troïka, après les condoléances d’usage, il faudra faire le bilan de ce système et dénoncer les différents égarements qu’on peut lui imputer, pour tenter d’y apporter remède». Autrement dit il faudrait de l’avis de M. Dalloul rouvrir nombre de dossiers, corriger a posteriori nombre de décisions, ce qui paraît illusoire sinon inutile...
Toujours est-il que cette soudaine campagne contre la troïka — lancée de l’intérieur même du système! — était très peu attendue, en étonne et en choque plus d’un car elle survient à un moment difficile pour le pays à plus d’un titre. Il y a en effet le danger qui plane sur le Sud tandis qu’à l’intérieur, une sévère crise socio-économique fait rage. «Est-ce vraiment le moment de procéder à des règlements de compte particuliers» se demandant nombre de politiciens, loyalistes compris.
Quoi qu’il en soit, des sources informées attribuent la flambée de M. Berry «aux causes suivantes»:
— L’impression d’être de plus en plus isolé face à l’axe Hraoui-Hariri qui s’est reformé après la mise sur pied du nouveau Cabinet dont la gestation avait provoqué une brouille entre les deux têtes de l’Exécutif. Constatant qu’à diverses occasions les deux hommes s’entendaient sur son dos, il s’en était ouvert franchement au président Hraoui qui lui avait répondu qu’il n’en était rien, qu’il tenait à garder de bonnes relations avec lui et que s’il rencontrait M. Hariri presque tous les jours, c’était à cause des impératifs du travail commun au sein de l’Exécutif. Apparemment, à ces protestations d’amitié présidentielle M. Berry n’a pas trop voulu croire...
— Les divergences de fond avec M. Hariri sur la question des émissions par satellite, plus précisément sur la diffusion des nouvelles locales par ce canal et de la censure.
— Le malaise, qui indispose M. Berry en tant que tenant du pouvoir mais aussi en tant que leader d’Amal, suscité par le refus du président du Conseil de consentir à la promotion d’un officier déterminé qui appartient à la communauté chiite. Là aussi, comme pour le projet de retouches constitutionnelles proposé par M. Hraoui, M. Berry se plaint de n’avoir pas été préalablement consulté.
— D’ailleurs l’insistance qu’affiche le chef de l’Etat à vouloir maintenir ses suggestions de révision constitutionnelle, que le président de la Chambre récuse avec vigueur, porte l’irritation de ce dernier à son comble.
— La décision du gouvernement de faire permuter les directeurs généraux n’agréé pas tout à fait à M. Berry, dans ce sens que contrairement au chef du gouvernement il estime que les remplacements doivent se faire sans tenir compte du facteur confessionnel, qu’une direction générale déterminée ne doit pas rester l’apanage de telle ou telle communauté. De plus M. Berry craindrait qu’à la faveur d’un tel mouvement dit administratif les deux autres présidents ne réduisent sa part de directeurs, qualitativement sinon quantitativement...
— Parallèlement M. Berry se plaindrait qu’on l’eût laissé sur la touche pour des désignations de première catégorie intervenues récemment, notamment pour la succession de M. Fawzi Hobeiche, devenu ministre, à la tête de l’Inspection centrale».
Quoi qu’il en soit, selon des sources informées, l’intéressé «est si tendu qu’il a fait la sourde oreille à de multiples conseils de modération qui lui ont été prodigués, même quand ils émanaient des décideurs». Il y a fort à parier cependant, à moins qu’il n’y ait une opération téléguidée, ce qui serait étonnant dans les circonstances actuelles, que les choses finiront, tôt ou tard, par trouver la voie bien libanaise d’un compromis global.

P.A-A.
Une rupture aussi discourtoise, c’est pénible. Côte à côte pour une occasion aussi solennelle que l’Iftar de Dar el-Fatwa, les présidents ont réussi à ne pas se parler, à se tourner le dos en somme! M. Nabih Berry, qui attaque et qui boude, aurait même lancé à l’infatigable conciliateur qu’est M. Michel Murr «personne ne peut faire la grosse tête avec moi...» Bien entendu, il s’est abstenu de saluer le chef de l’Etat à son arrivée ou à son départ...parallèlement, selon divers témoignages le président de la Chambre ne cesse de fulminer dans ses assises privées contre le système de la troïka «cause de tous nos malheurs». De son côté, le ministre de la Défense va encore plus loin. Prenant acte avec satisfaction du faire-part de décès lancé par l’un des membres de la famille, à savoir M. Berry,...