Ce dernier attentat n’était pas revendiqué mercredi, mais il porte, comme les précédents, la marque du GIA, le plus radical des mouvements armés, qui prône un «embrasement général» en Algérie.
Les bilans de cette dernière attaque, publiés dans les journaux algériens, variaient de sept tués — le décompte officiel — à une vingtaine de morts.
Depuis le 23 décembre, quatre attaques à l’explosif et à la voiture piégée ont frappé la capitale (plus de 3 millions d’habitants). Ces attentats ont fait de 27 à 41 morts, selon les bilans, et près de 300 blessés.
Depuis, Alger vit sous tension. Et la psychose grandit car le mois de jeûne du Ramadan, qui doit débuter dans 48 heures, est une période durant laquelle les groupes armés intensifient traditionnellement leurs opérations. Certains journaux l’ont surnommé «le mois des horreurs».
Au cours des dernières semaines, le GIA a également tenté d’instaurer un nouveau climat de terreur à la Casbah — la vieille ville —, en tuant parfois en plein jour des habitants. Des tracts de menaces ont été aussi placardés, de nuit, dans certains quartiers, alimentant la psychose.
Derrière cette campagne de terreur se trouve un homme: le nouvel émir du GIA à Alger, Farid Hamani, alias Abou Selmane, un «vétéran» de la guérilla islamiste, ont indiqué mercredi deux journaux privés, dans des informations apparemment obtenues auprès de sources proches des services de sécurité.
Abou Selmane a succédé à Yacine Amara, dit «Napoli», tué par les forces de sécurité avec une dizaine de compagnons, en septembre dernier, à la Casbah.
Agé de 27 ans, natif du faubourg populaire algérois de Bologhine (ex-Saint-Eugène), Abou Selmane avait participé en février 1992 à une embuscade qui avait coûté la vie à six policiers à la Casbah, marquant le coup d’envoi de violences qui ont fait depuis plus de 50.000 morts, selon des sources occidentales.
Selon le quotidien privé «el-Watan», cet «émir» a annoncé récemment, dans un communiqué, la confection d’une cinquantaine de bombes «prêtes à l’emploi».
Les derniers attentats, commis à des heures de forte affluence, dans des endroits très fréquentés, semblent destinés à terroriser la population. L’impact de ces opérations, au cœur de la capitale, permet au GIA de bénéficier d’un large écho.
Ces attentats ne visent plus seulement des cibles jugées «militaires»: commissariats, bâtiments publics, hôtels où les islamistes affirment que des policiers sont hébergés. Le 23 décembre, une voiture piégée avait explosé près d’un café, dans le centre-ville. Mardi, l’attentat s’est déroulé dans la plus célèbre artère d’Alger, la rue Didouche Mourad (ex-rue Michelet).
«Dès qu’une voiture est garée en double file, ou semble suspecte, les gens prennent peur», a expliqué un employé.
Mais, beaucoup d’habitants font preuve de fatalisme. «On sait que cela peut exploser n’importe où, mais il faut bien continuer à aller au travail, faire les courses, se déplacer. Hier, j’avais garé ma voiture une heure avant sur les lieux de l’explosion», a raconté un autre habitant.
Les interventions des démineurs sont quotidiennes. Mardi soir, des spécialistes sont ainsi intervenus sur une voiture garée devant un café, à environ 200 mètres du palais du gouvernement, selon des témoins.
«El-Watan» a révélé que dix-sept engins avaient été désamorcés dans différents quartiers, en trois jours, du 30 décembre au 1er janvier. Selon un autre quotidien privé, «Liberté», les forces de sécurité ont également intercepté une Fiat 128, bourrée d’explosifs — qui devait exploser mardi —, au lieu-dit la Grande descente, dans le quartier de Birmandreis, sur les hauteurs d’Alger.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir