BELGRADE, 2 Janvier (AFP). — L’économie serbe est malade de politique et, malgré de bons chiffres enregistrés en 1996 avec une croissance de 5,6%, ses perspectives à court terme restent incertaines, voire sombres.
Le retard pris par cette économie dirigée vis-à-vis des réformes lancées dans les autres pays ex-communistes d’Europe centrale et orientale, est loin d’être rattrapé. Bien qu’ils invoquent l’économie de marché, les socialistes du président Slobodan Milosevic et surtout leurs alliés néocommunistes du JUL de son épouse Mirjana Markovic s’opposent aux privatisations et freinent l’ouverture au monde extérieur.
La croissance apparemment élevée (et les autorités espèrent plus que doubler ce taux en 1997 pour atteindre 13%) s’explique surtout par la profondeur du plongeon des années précédentes. En réalité, en 1996, le PIB n’aura représenté qu’environ la moitié de ce qu’il était il y a cinq ans.
Par ailleurs, cette croissance a été alimentée par les importations, entraînant un gros déficit du commerce extérieur, soit près de 15% du PIB.
L’économie serbe s’appuie en bonne partie sur des matières premières d’importation, pour sa métallurgie et son industrie chimique notamment.
«En 1997, nous ne serons pas capables de financer un déficit comparable à celui de 1996, et si nous le tentons, l’hyperinflation redémarrera de plus belle», estime M. Miroljub Labus, principal économiste de la coalition d’opposition Ensemble.
Tant que la Yougoslavie reste à l’écart du Fonds Monétaire International, qui pourrait l’aider à traverser cette période difficile, le seul recours serait de faire fonctionner la planche à billets.
En 1996, l’inflation a été relativement modérée: 95% en moyenne annuelle. Pour l’apprécier, il faut rapprocher ce taux de l’inflation de 60% par jour que le pays avait connue en 1993.
Par ailleurs, il serait illusoire de compter dans l’immédiat sur les investissements étrangers.


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