Elle a participé à plusieurs expositions collectives et compte à son actif d'autres individuelles à Beyrouth, à Koweït, à Londres et à New York. En 1995, le musée Nicolas Sursock lui décerne le «Prix de peinture » du XVIIIe Salon d'automne. Elle participe au XIXe Salon d'automne en qualité de
«sociétaire».
L'artiste récolte donc aujourd'hui ce qu'elle a semé durant ces longues années de labeur. La persévérance. C'est le maître-mot de Amyuni, qui conseille les jeunes pousses à s'accrocher en dépit des vents et des marées.
Une peinture qui respire le calme et la quiétude. Faut-il être de bonne humeur pour réaliser ce genre de tableaux? Un petit sourire aux lèvres, l'artiste répond, laconique: «Pas nécessairement.» Ces fleurs ne sont pas le fruit de son imagination. Elle n'a pas à traverser des kilomètres pour apercevoir un bout de pétale. Ses modèles favoris sont là. Devant elle. Dans son jardin qu'elle cultive avec une application presque estudiantine. Mais aussi dans son atelier où les gerbes de fleurs (artificielles, cette fois) sont reproduites minutieusement sur la toile. Les couleurs (même ce rose fuchsia dont la galeriste s'est inspirée pour colorier la couverture de son catalogue) sont véridiques. La peinture de Amyuni est tellement fidèle à la réalité que l'artiste invite, dans une boutade, les pépiniéristes d'Exotica à venir reconnaître leurs modèles. Chlorophylle, quand tu
nous tiens.
Mais Amyuni affirme que la peinture reste son mode d'expression favori. Un mode qui, en fin de compte, lui ressemble tellement. Généreuse, elle déverse carrément sa couleur sur la toile. Ses coups de pinceaux sont larges et épais. Bien saturés, bien nourris, rassasiés de pigments.
Bouquets tranquilles, gerbes jaillissantes, tiges dormantes, pétales étincelants. Fleur bleue, décorative, capitulée, solitaire ou épanouie. Bleu turquoise, vert pistache, jaune banane, rose et compagnies, les couleurs de Rima Amyuni font comme les hirondelles. Elles nous servent le printemps en apéritif.
En somme, voilà une exposition où le visiteur se sent comme une abeille, butinant les fleurs dans un jardin
botanique.
* Jusqu'au 14 février. Rue Achrafieh, imm. Karam, 1er étage. Du lundi au samedi, de 10h00 à 19h00. Tél. : 03/210424.

