Un Yéménite porte une bouteille de gaz alors en attendant, avec d'autres personnes, de la faire remplir dans une station de recharge à Taëz, le 19 octobre 2026. Photo Ahmad AL-BASHA / AFP
Plus de 250.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Yémen depuis août, soit peu après la reprise des hostilités entre le gouvernement, soutenu par l'Arabie saoudite, et les houthis pro-iraniens, a annoncé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
Le HCR est « profondément préoccupé par l'aggravation de la situation en matière de déplacements au Yémen. Le nombre de personnes déplacées a désormais franchi la barre des 250.000 », a déclaré devant la presse à Genève le porte-parole de l'organisation Matthew Saltmarsh.
Ces personnes ont été « déplacées à l'intérieur du Yémen entre le 1er août et le 17 octobre », a-t-il ajouté.
Le pays a replongé dans la guerre en juillet après plusieurs années d'accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Les houthis, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ont progressé sur la côte ouest en quelques jours.
Depuis, l'Arabie saoudite bombarde quotidiennement les zones contrôlées par les combattants au Yémen, accentuant la pression sur les populations.
Les combats ont fait des centaines de morts et provoqué une crise humanitaire.
M. Saltmarsh a souligné que la province de Taez, dans l'ouest du pays, constituait « une préoccupation majeure », étant « le principal foyer de déplacement, à l’origine de 76 % des départs et accueillant 52 % des personnes nouvellement déplacées ».
« Danger critique »
De son côté, Tarik Jasarevic, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué que « l'intensification des combats, les déplacements massifs et l'augmentation des épidémies exercent une pression immense sur un système de santé déjà surchargé ».
La zone de Taez est en particulier selon lui « en danger critique ».
« Les combats et les fermetures de routes menacent l'accès des hôpitaux au carburant, à l'oxygène, aux médicaments et aux fournitures essentielles, mettant immédiatement en danger les patients nécessitant des soins vitaux », a-t-il expliqué.
M. Jasarevic a aussi insisté sur une « forte augmentation » de la transmission du choléra, dont les cas suspects hebdomadaires sont passés de 221 début septembre à 683 début octobre.
« Les sites de déplacement surpeuplés et les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène inadéquats augmentent les risques pour la santé publique », a précisé le porte-parole de l'OMS.
Le HCR a dit fournir une aide financière d'urgence et renforce son soutien en matière d'hébergement d'urgence, tout en collaborant avec ses partenaires pour distribuer des abris et des articles de première nécessité aux familles nouvellement déplacées.
« Les difficultés d’accès continuent d'entraver les opérations humanitaires ainsi que les déplacements », notamment vers et depuis le camp de Kharaz, dans la province de Lahj (sud), qui abrite près de 10.000 personnes, déplore-t-il.
En outre, a souligné M. Saltmarsh, plus de 65.000 réfugiés et demandeurs d'asile, principalement originaires de Somalie et d’Éthiopie, sont toujours accueillis au Yémen et « figurent parmi les personnes les plus durement touchées par la reprise du conflit ».
En ce qui concerne les réfugiés à l'extérieur du Yémen, le HCR en avait comptabilisé 4.078 au 17 octobre dans la région, dont 3.836 à Djibouti et 242 en Somalie, mais aucune nouvelle arrivée en provenance du Yémen n'a été signalée à Djibouti entre le 8 et le 14 octobre.