Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, prononce un discours lors de l'ouverture de la session de printemps de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui se tient jusqu'au 24 avril à Strasbourg, dans l'est de la France, le 20 avril 2026. Photo Jean-Christophe Verhaegen / AFP
Le chef de la diplomatie française et la ministre déléguée aux Armées se rendent samedi et dimanche au Liban pour discuter des « modalités de la présence internationale » dans le pays à l'issue du mandat de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), a-t-on appris de sources concordantes. Il s'agit de « préparer l'échéance du départ programmé de la Finul au 31 décembre et d'éviter un vide sécuritaire qui nous paraît extrêmement dangereux », ainsi que de soutenir la mise en oeuvre de l'accord-cadre libano-américano-israélien conclu en juin, a expliqué le ministère français des Affaires étrangères.
Ce texte prévoit le déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire en vue d'un désarmement du Hezbollah et d'un retrait d'Israël du sud du pays. « C'est indispensable de soutenir ce processus. Cela implique le maintien d'une présence internationale pour accompagner et soutenir les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure et l'enjeu est donc de définir les modalités de cette présence internationale à compter du 1er janvier 2027 », a indiqué le Quai d'Orsay.
Ce déplacement de Jean-Noël Barrot et Alice Rufo vise aussi à « réitérer le soutien de la France à la stabilité et à la pleine souveraineté du Liban », a-t-on indiqué dans l'entourage de la ministre déléguée aux Armées. Ils s'entretiendront avec le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, le ministre de la Défense Michel Menassa, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, et le président du Parlement Nabih Berri, selon cette source.
La France et l'Italie ont annoncé en juin vouloir mettre en place une « coalition » multinationale à la fin du mandat de la Finul pour renforcer la « souveraineté au Liban ». L'Union européenne a, elle, annoncé lundi la mise en place prochaine d'une mission d'entraînement et de formation de l'armée libanaise. Le déplacement des deux ministres français intervient un mois après une conférence à Paris sur le sujet en présence de Joseph Aoun, du roi Abdallah II de Jordanie et des chefs d'état-major français, britannique, italien, jordanien et libanais, ainsi que de hauts responsables américains et saoudiens.
Au cours de sa visite, le chef de la diplomatie française entend également apporter le soutien de Paris à « l'adoption de réformes économiques qui sont absolument indispensables. Elles ont été engagées, elles doivent aboutir », selon le Quai d'Orsay. Il compte également évoquer « la réponse à l'urgence humanitaire, alors que plus de 1,2 million de Libanais ont été contraints de quitter leur domicile » à la suite des bombardements israéliens au printemps. Quelque 139 millions d'euros représentant près de 100 tonnes d'aide médicale et matérielle de première urgence ont été versés depuis 2024.
Le point à 19 h : des éléments du Hezbollah encerclent brièvement des policiers venus fermer un dépôt de médicaments, le Qatar annonce un projet pour l’électricité au Liban