Une femme kurde irakienne tenant un drapeau avec le portrait d'Abdullah Ocalan, fondateur du PKK, dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 27 février 2025. Photo Shwan Mohammed/AFP
Les services de renseignement turcs ont confirmé que la rébellion kurde du PKK a évacué quatre bases du nord de l'Irak, étape majeure pour la poursuite du processus de paix, ont rapporté lundi les médias officiels.
Ces bases situées dans les régions de Metina et de Baze « ont été évacuées le 8 octobre 2026. Cette avancée démontre que le processus se poursuit avec détermination », ont-ils affirmé en citant des « sources sécuritaires », ce qui désigne habituellement l'Organisation nationale du renseignement turc (MIT).
Ankara et les responsables kurdes sont aujourd'hui d'accord pour mettre fin à plus de quatre décennies d'une guérilla qui a fait quelque 50.000 morts, selon Ankara, même si de nombreux obstacles demeurent à la concrétisation du projet.
Jeudi, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait déclaré, via l'agence de presse kurde Firat, avoir retiré récemment tous ses combattants du territoire turc ainsi que des positions dans le nord de l'Irak « afin que l'État turc ne les perçoive pas comme une menace ».
Le mouvement accusait en parallèle le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de ne pas poursuivre le processus suffisamment sincèrement et rapidement.
Et il revendiquait avoir effectué sa part de travail, deux mois après l'adoption par le Parlement d'une loi historique ouvrant la voie à la réintégration de ses militants armés.
« Une Turquie libérée du terrorisme »
Le texte conditionnait son application au fait que « les institutions de sécurité déterminent que l'organisation a cessé d'exister effectivement et a remis toutes les armes et munitions sous son contrôle ».
L'objectif est d'assurer l'intégration dans la société des membres du PKK « qui pourront rentrer au pays ultérieurement en bénéficiant de la loi » grâce « à des programmes dans de nombreux domaines tels que l'éducation et l'économie », a précisé lundi l'agence officielle Anadolu.
L'armée turque avait constamment frappé cette zone frontalière stratégique du nord de l'Irak pendant la guerre. Le PKK y disposait de bases et y a même abrité initialement son quartier général avant son transfert plus à l'est, dans les monts Qandil, tout en y conservant une forte présence.
La loi adoptée en août ne précisait pas quel sort serait réservé à Abdullah Öcalan. Âgé de 77 ans et emprisonné depuis 1999 à l'isolement sur l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul, il purge une peine de prison à perpétuité.
Quatre sous-commissions ont été récemment créées par la Turquie pour superviser la dissolution du PKK. Il participera à l'une d'elles, consacrée au dépôt des armes du mouvement, mais sans être autorisé à quitter sa prison.
Quelque 3.500 personnes détenues dans les prisons turques pour des faits liés à la guérilla pourraient être libérées, la loi prévoyant de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions.
Le processus de paix est de fait constamment évoqué par les autorités turques comme une de leurs grandes réussites, y compris par le président Erdogan lui-même. « Nous connaîtrons tous le jour où la paix remplacera la terreur (...), a-t-il déclaré début octobre. « Nul ne pourra faire obstacle à notre objectif d'une Turquie libérée du terrorisme ».
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