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Économie - Agroindustrie

Les viticulteurs libanais demandent de ne pas favoriser les vins étrangers

La ministre du Tourisme va publier une circulaire qui incite les restaurateurs et les hôteliers à accorder plus de place aux vins libanais.

Les viticulteurs libanais demandent de ne pas favoriser les vins étrangers

Des boutelles de vins libanais disposée sur un bar dans le local de l'Institut national de la vigne et du vin à Fanar le 22 septembre 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour

Les restaurants et les commerces au Liban ne mettent pas suffisamment en valeur les vins libanais et privilégient les vins étrangers, qui offrent souvent de meilleures marges. C'est le reproche adressé mardi par le président de l'Institut national de la vigne et du vin (INVV) et de Ksara, Zafer Chaoui.

Ce reproche a été formulé lors d'une conférence de presse à Fanar, dans le Metn, pour sensibiliser l'opinion publique, en présence des ministres de l'Agriculture, Nizar Hani, et du Tourisme, Laura el-Khazen Lahoud, ainsi que des directeurs généraux des ministères de l'Agriculture, Louis Lahoud, et de l'Industrie, Adel Chehab.

Pour y remédier, Zafer Chaoui et le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Rami, ont signé un protocole d'entente, ce dernier s'engageant à pousser les acteurs de la filière à promouvoir davantage les vins libanais. Tony Rami a également appelé la ministre du Tourisme à publier une circulaire en ce sens dans les prochains jours. « Le texte recommandera aux restaurateurs d'accorder davantage de place aux vins libanais » car beaucoup ne le font plus et beaucoup les négligent, a confirmé la ministre à L'Orient-Le Jour. « Soutenir le vin libanais, c'est soutenir aussi les agriculteurs », a déclaré le ministre de l'Agriculture.

Présente à la conférence de presse, la présidente de l'Union vinicole du Liban (UVL), Micheline Touma, a soutenu la démarche. L'UVL est une association issue du secteur privé, tandis que l'INVV est un institut technique né de la coopération entre le public et le privé. « Nous respectons l’économie libérale, mais il faut tout de même que les restaurateurs et les gérants d’hôtels prennent conscience que nous avons des vins comparables aux bons vins du monde entier », a déclaré Zafer Chaoui à L'Orient-Le Jour.

Vins étrangers à prix cassés

Le président de l'INVV attribue la présence croissante des vins étrangers sur les tables libanaises à plusieurs facteurs, notamment au déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale. La production, bien qu'en baisse, a atteint 227 millions d'hectolitres en 2025, soit 0,6 % de plus que le niveau historiquement bas de 2024, contre une consommation de 208 millions d'hectolitres, en baisse de 2,7 %, selon le rapport annuel de l'OIV, l'Organisation internationale de la vigne et du vin.

Le Liban produit entre 10 et 12 millions de cols de vin par an, selon le ministère de l'Agriculture, tandis que certains acteurs du secteur privé estiment ce chiffre à 14 millions. Le pays compte 46 producteurs licenciés et près d'une vingtaine de très petites exploitations qui ne déclarent pas leur production, selon l'INVV. Les chiffres des douanes montrent bien une forte hausse des importations de vin en 2025 au Liban (+56 % à 12,33 millions de dollars), mais plusieurs acteurs du secteur appellent à les prendre avec des pincettes.

« Dans ce contexte, beaucoup de producteurs étrangers cassent les prix, tandis que les distributeurs au Liban vont être tentés de négocier des prix pour des quantités qui, le cas échéant, auraient été destinées à la distillation, faute de pouvoir être écoulées », explique encore Zafer Chaoui. Deuxième facteur : le consommateur manque de repères sur les prix des vins étrangers proposés dans les commerces et les restaurants, qui s'octroient parfois des marges importantes par rapport aux prix d'achat, argumente-t-il.

Selon un producteur de vin souhaitant rester anonyme, cette tendance n'est pas nouvelle, mais ses effets se sont amplifiés cette année, notamment avec la baisse de la consommation liée à la crise et la guerre entre le Hezbollah et Israël. « La situation est difficile, surtout avec la hausse des coûts de production liée aux fluctuations du pétrole provoquées par la guerre entre les États-Unis et l'Iran », affirme une source sous couvert d'anonymat. Elle estime que la facture énergétique représente 15 à 20 % des coûts de production.

Le président du syndicat des supermarchés au Liban nuance toutefois ce constat. « Les vins étrangers sont certainement plus vendus par certains supermarchés situés dans des zones où la clientèle a un pouvoir d'achat plus important, mais ce n'est pas la norme », affirme Nabil Fahed. Dans ses supermarchés, il se vend ainsi dix bouteilles de vin libanais pour une bouteille de vin étranger.

Les restaurants et les commerces au Liban ne mettent pas suffisamment en valeur les vins libanais et privilégient les vins étrangers, qui offrent souvent de meilleures marges. C'est le reproche adressé mardi par le président de l'Institut national de la vigne et du vin (INVV) et de Ksara, Zafer Chaoui.Ce reproche a été formulé lors d'une conférence de presse à Fanar, dans le Metn, pour sensibiliser l'opinion publique, en présence des ministres de l'Agriculture, Nizar Hani, et du Tourisme, Laura el-Khazen Lahoud, ainsi que des directeurs généraux des ministères de l'Agriculture, Louis Lahoud, et de l'Industrie, Adel Chehab.Pour y remédier, Zafer Chaoui et le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Rami, ont signé un protocole d'entente, ce...
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