« Le peuple syrien ne peut pas être humilié. La révolution de la liberté et de la dignité a vaincu » est écrit sur l’un des murs de la prison de Saydnaya, le 10 décembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Un Syrien, chef d'une prison de Damas entre 2005 et 2008, a été condamné à 60 ans d'emprisonnement aux Etats-Unis par un tribunal fédéral pour torture, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice dans un communiqué.
Samir Ousman Alsheikh, qui dirigeait la tristement célèbre prison d'Adra sous le régime de Bachar el-Assad, a été reconnu coupable d'y avoir « commis des atrocités en matière de droits humains en Syrie, y compris pour faire taire des opposants politiques », en « ordonnant et participant à la torture de prisonniers », détaille le communiqué. Trois anciennes victimes ont notamment témoigné, lors du procès, des sévices qu'elles avaient endurées, ainsi que des actes de torture subis par d'autres prisonniers.
« La condamnation prononcée dans cette affaire est un hommage au courage de ses victimes », a souligné le procureur général adjoint des Etats-Unis, A. Tysen Duva, cité dans le communiqué. M. Alsheikh a aussi été condamné pour « fraude en matière de visa » et « tentative de fraude à la naturalisation ».
L'homme, aujourd'hui âgé de 74 ans, était arrivé aux Etats-Unis en 2020, puis il avait demandé la nationalité américaine en 2023. Il avait été arrêté et inculpé en juillet 2024 à Los Angeles pour avoir menti aux autorités américaines sur son passé afin d'obtenir un titre de séjour. « Les auteurs de violations des droits de l'homme qui viennent aux Etats-Unis ne trouveront ici aucun refuge. Nous les retrouverons, et ils seront poursuivis et punis pour leurs crimes odieux », a encore soutenu M. Duva.
A l'issue d'une offensive de 11 jours, une coalition rebelle dominée par le groupe islamiste sunnite radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) avait renversé fin 2024 le pouvoir de Bachar el-Assad. Après sa déroute, les portes de nombreuses prisons syriennes avaient été ouvertes par les rebelles, dont celle de Saydnaya, au nord de Damas. Les images de prisonniers hagards et décharnés, certains portés par des camarades car trop faibles pour s'extraire de leurs cellules, avaient alors fait le tour du monde.