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Dernières Infos - Manifestations En Iran

À 21 ans, Taraneh sous la menace d'une exécution


A photograph shows graffiti depicting late Iranian leader Ali Khamenei on a shopping street in southern Tehran on September 15, 2026. Photo ATTA KENARE / AFP

Les 8 et 9 janvier, Taraneh Rahimi et sa soeur jumelle Romina avaient manifesté avec des milliers de personnes contre les autorités dans la ville iranienne d'Ispahan. Huit mois plus tard, la jeune femme attend dans le couloir de la mort.

Ces manifestations nocturnes, pic d'un mouvement de contestation national déclenché fin décembre par la hausse du coût de la vie, ont été réprimées dans le sang, et donné lieu à des dizaines de milliers d'arrestations, selon des organisations de défense des droits humains et des enquêteurs de l'ONU.

Une semaine plus tard, les deux soeurs âgées de 20 ans sont interpellées lors d'une descente de police à leur domicile, selon leur famille à l'étranger. Dans le cadre d'un procès regroupant 14 autres personnes, elles comparaissent en juillet devant un tribunal installé dans une prison d'Ispahan, dans le centre de l'Iran. Là, elles sont accusées d'être impliquées dans la mort d'un membre des Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique, et de celle d'un sans-abri en marge des manifestations, explique Human Rights Activists (HRANA).

D'après cette ONG basée aux Etats-Unis, Taraneh est condamnée à mort un mois plus tard pour « guerre contre Dieu » et sa sœur écope de 36 ans de prison. Voyant que Taraneh souffre notamment de douleurs au genou, opéré avant son arrestation, un médecin a préconisé son hospitalisation à l'extérieur de la prison mais les autorités ont refusé, raconte à l'AFP leur cousin Masoud Nourmohammadi, depuis les Etats-Unis.

« Aucune preuve »

« On lui a dit: +peu importe comment tu meurs, tu seras pendue de toute façon+ », ajoute-t-il. La jeune femme, qui a eu 21 ans en prison, « subit des tortures physiques et une torture psychologique constante », selon les informations qui lui sont parvenues. « Les jeunes étaient torturés les uns devant les autres, les uns après les autres. Ils veillaient à ce que Taraneh entende les cris de Romina. On lui a dit: +si tu ne signes pas ces aveux, nous violerons ta sœur devant toi+. Bien sûr, elle a signé », poursuit-il.

Le Centre pour les droits de l'Homme en Iran (CHRI), basé aux Etats-Unis, s'inquiète aussi pour l'état de santé de Taraneh, notant qu'elle « marche difficilement ». Son verdict est encore susceptible d'appel, mais l'Iran a déjà exécuté 29 personnes --que des hommes-- en lien avec les manifestations, à l'issue de procès qualifiés d'inéquitables par des ONG, dont Amnesty International. « Il n'y a aucune preuve » contre les deux soeurs, fustige M. Nourmohammadi. « Les avocats n'ont eu accès au dossier que le premier jour du procès ».

Des militants accusent l'Iran de pendre des manifestants pour semer la peur au sein de la population, dans un contexte de guerre avec les Etats-Unis. De leur côté, les autorités iraniennes avaient dit agir contre les instigateurs des manifestations, qualifiées d' »émeutes fomentées par l'étranger ». Employée dans un magasin de chaussures, Taraneh nourrit une grande passion pour les chevaux, partagée sur son compte Instagram. Elle voulait devenir cavalière, confie son cousin, décrivant « l'une des personnes les plus gentilles » qu'il connaisse.

« Les meilleurs des Iraniens »

Selon HRANA, huit femmes risquent actuellement la peine capitale en Iran pour des accusations liées à la sécurité ou aux manifestations. L'ONG Iran Human Rights affirme elle avoir recensé 100 condamnations à mort en lien avec les manifestations, dont 31 rien que dans la province d'Ispahan.

« Jour après jour, les autorités iraniennes envoient des manifestants, y compris des adolescents, à la potence sur la base d'+aveux+ obtenus sous la torture et à l'issue de procédures manifestement inéquitables, trop expéditives pour établir la culpabilité d'un accusé », fustige Bahar Saba, chercheuse spécialiste de l'Iran chez Human Rights Watch. Pour Masoud Nourmohammadi, les personnes visées sont de « jeunes Iraniens courageux, les meilleurs des Iraniens ». « Ils (la République islamique, NDLR) veulent instaurer la peur, montrer que, aussi courageux que vous soyez, ils vous auront ».


Les 8 et 9 janvier, Taraneh Rahimi et sa soeur jumelle Romina avaient manifesté avec des milliers de personnes contre les autorités dans la ville iranienne d'Ispahan. Huit mois plus tard, la jeune femme attend dans le couloir de la mort.Ces manifestations nocturnes, pic d'un mouvement de contestation national déclenché fin décembre par la hausse du coût de la vie, ont été réprimées dans le sang, et donné lieu à des dizaines de milliers d'arrestations, selon des organisations de défense des droits humains et des enquêteurs de l'ONU.Une semaine plus tard, les deux soeurs âgées de 20 ans sont interpellées lors d'une descente de police à leur domicile, selon leur famille à l'étranger. Dans le cadre d'un procès regroupant 14 autres personnes, elles comparaissent en juillet devant un tribunal...