L'artiste Peter Max pose près de portraits de Diana, princesse de Galles, dans son atelier de New York, aux États-Unis, le 25 août 1998. Photo d'archives REUTERS/Peter Morgan
La mort de la princesse Diana revient hanter la monarchie britannique : son frère, Charles Spencer, accuse son ex-époux le roi Charles III d'avoir affirmé peu après le drame qu'elle serait vite oubliée, ce que le palais s'est empressé de démentir. « Lady Di » est décédée dans la nuit du 30 au 31 août 1997 dans un accident de voiture à Paris. Sa disparition avait ému dans le monde tant elle restait une figure populaire, malgré son divorce l'année précédente avec Charles, alors prince de Galles.
Le drame avait plongé la famille royale dans la crise, la reine Elizabeth II ayant notamment été critiquée pour sa froideur en public face à cet évènement.
Dans un livre à paraître mardi et intitulé « Swan Song: Diana, My Sister » (« Diana, ma sœur : le chant du cygne »), Charles Spencer accuse celui qui était alors prince héritier de lui avoir déclaré peu après son décès que la princesse serait oubliée « bien assez tôt », selon des extraits publiés par le Daily Mail mercredi. Ces accusations faisaient jeudi la Une de nombreux journaux britanniques, le jour où le roi réunit en Ecosse des acteurs majeurs de l'IA.
Le frère de Diana affirme avoir eu un échange téléphonique tendu avec Charles au sujet des funérailles de sa soeur. Selon lui, Charles se serait emporté sur la participation des princes William et Harry, alors âgés de 15 et 12 ans, au cortège funèbre derrière le cercueil de leur mère. Le frère de Diana soutient avoir tenté de s'y opposer, estimant que la princesse n'aurait pas souhaité exposer ses fils à une telle épreuve publique. Il raconte que Charles aurait montré du « mépris à l'égard de Diana » et « son horreur face à l'émotion mondiale suscitée par sa disparition ». « Soyez assuré, nous l'oublierons bien assez tôt », lui aurait-il lancé.
Dans une réaction aussi rapide qu'inhabituelle, le roi a fermement contesté ces allégations via un communiqué du palais mercredi soir. Un porte-parole y indique que Charles III est « conscient que la douleur d'un deuil fraternel peut obscurcir la raison, affecter le jugement et altérer les souvenirs d'une manière que les autres ne perçoivent pas, même de nombreuses années après une telle perte ».
La riposte du palais rappelle celle d'Elizabeth II après les accusations de racisme lancées par le prince Harry et son épouse Meghan Markle dans une interview avec Oprah Winfrey en 2021. La défunte reine avait souligné que « les souvenirs (d'un évènement) peuvent varier », rompant avec le mantra de la famille royale « ne jamais se plaindre, ne jamais s'expliquer ».
« Je ne pense pas que cela (ce mantra) aurait fonctionné » dans le cas des accusations « trop importantes » de Charles Spencer, a souligné jeudi sur la BBC la correspondante royale du Sunday Times, Roya Nikkhah.
« Horrifiée »
Lors des funérailles de Diana à Londres, le 6 septembre 1997, William et Harry avaient finalement marché derrière le cercueil jusqu'à l'abbaye de Westminster. Charles Spencer y avait prononcé un éloge remarqué, promettant que sa famille veillerait sur les deux jeunes princes. Des années plus tard, William et Harry -qui vient de se réinstaller au Royaume-Uni avec sa famille après l'avoir quitté avec fracas en 2020- ont tous deux exprimé à quel point cette procession avait été difficile pour eux.
Jeudi, certains affichaient leur scepticisme ou leur réprobation face aux accusations de Charles Spencer. Julian Payne, ancien responsable de la communication de Charles III lorsqu'il était prince de Galles a assuré ne pas « reconnaître » le roi dans les propos cités par le frère de Diana.
« Je pense que Diana aurait été horrifiée » que son frère « partage un commentaire qui pourrait sembler témoigner d'une telle malveillance », écrit dans le Sun Ingrid Seward, rédactrice en chef de Majesty Magazine, rappelant qu'à l'époque les Spencer et la famille royale étaient « à couteaux tirés ».
Dans un communiqué précédant la sortie du livre, Charles Spencer a expliqué l'avoir écrit afin de « raconter la vérité à propos de Diana » plutôt que « de lire les opinions d'autrui, dont beaucoup reposent sur des contre-vérités », après avoir reçu de nombreuses demandes d'interview à l'approche du trentième anniversaire de la mort de « Lady Di » l'an prochain.