Une foule est rassemblée devant un podium où l'ancien ministre du Travail Moustapha Bayram a pris la parole, devant le Sérail de Nabatiyé, le 17 septembre 2026. Photo fournie par notre correspondant dans le sud.
« Soutenir le Sud est un devoir national ». Tel est le slogan des organisateurs et des manifestants originaires de villages toujours inaccessibles du Liban-Sud malgré la trêve, qui ont participé à un sit-in devant le Sérail de Nabatiyé jeudi.
Plusieurs centaines d'habitants de Nabatiyé, de localités voisines et de villages occupés ou soumis aux tirs israéliens se sont rassemblés pour « réclamer le droit des propriétaires de maisons détruites et endommagées du fait de l'agression israélienne à l'hébergement et à l'indemnisation », selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah.
L'ancien ministre du Travail Moustapha Bayram, membre du Hezbollah, a pris la parole durant le rassemblement. Il a appelé à accélérer le retour des déplacés ainsi qu'au versement des indemnités d'hébergement et de reconstruction, demandant à l'État de renforcer la présence de ses institutions dans les zones sinistrées afin de recenser les besoins des habitants et d'y répondre. Ce jeudi, en coopération avec la municipalité de Tyr, le Conseil du Sud, chargé d'évaluer les dégâts des frappes israéliennes avant la reconstruction, a entamé un recensement des dégâts, rapporte notre correspondant dans le sud.
Alors que le pays est plongé dans une crise économique depuis 2019, et que le coût des dégâts et des retombées économiques des deux guerres survenues depuis 2023 avoisine 27 milliards de dollars selon des estimations préliminaires, M. Bayram a estimé que « les fonds nécessaires étaient disponibles auprès de l'État », accusant certaines parties de faire pression sur la communauté de la « résistance » en la privant de ses droits, tout en affirmant que cela « ne brisera pas sa volonté ».
Nawaf Salam défend régulièrement l'action de son gouvernement face à la situation dans le Sud. Devant le Parlement, au premier jour d'un débat de politique générale mardi, il avait déjà affirmé que l'objectif de son cabinet n'est pas « la gestion des déplacements de population », mais de « permettre aux habitants de retourner sur leurs terres » au Sud. Le Premier ministre avait alors déclaré que l'ampleur des destructions « dépasse de loin la capacité de l’État à y faire face seul avec ses ressources actuelles. » Il avait réitéré le besoin des autorités d'obtenir « un soutien et des financements extérieurs ». « Nous avons défini les priorités et œuvrons à rétablir les services essentiels dans les régions sinistrées », avait-il également déclaré.
Jeudi, M. Salam a dans ce cadre tenu une réunion consacrée au suivi « des projets prioritaires » dans le Sud, à laquelle ont assisté entre autres le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, le président du Conseil du développement et de la reconstruction, Mohammad Ali Kabbani, le président du Conseil du Sud, Hachem Haïdar, le secrétaire général de la Haut Comité de secours, Bassam Naboulsi. Au cours de la réunion, le Premier ministre a souligné la nécessité d'accélérer la mise en œuvre de ces projets, en particulier le déblaiement des zones détruites par la guerre et la remise en état des infrastructures et des services essentiels.
Le dernier conflit, qui a fait plus de 4 000 morts, a été déclenché en mars dernier par le tir de roquettes du Hezbollah, présenté comme une réponse pour « venger » l'assassinat de Khamenei, dans le sillage de la guerre opposant l'Iran aux États-Unis. En dépit du « cessez-le-feu » annoncé fin juin au Liban, les bombardements israéliens se poursuivent quotidiennement dans les différentes régions du Sud, accompagnés d'intenses opérations de destruction dans la zone de plus de 600 km² de territoires toujours occupés par Israël.