Des poulets dans un élevage. Photo d'illustration Ani
Six syndicats représentant diverses filières de l’élevage au Liban ont appelé jeudi à supprimer « sans aucun délai » la redevance sur les déchets, aussi appelée redevance environnementale, taxant certains produits utilisés par les acteurs du secteur et imposée par le gouvernement en août dernier par le décret n° 3214, tout en menaçant de « prendre des mesures d'escalade » s'ils n'obtiennent pas « rapidement » satisfaction.
L'appel, publié à l'issue d'une réunion tenue à Dbayé, au nord de Beyrouth, est cosigné par le président du syndicat de la volaille, William Boutros, le représentant des éleveurs de volaille dans la Békaa, Walid Kazan, le secrétaire général du syndicat de l’Union des bouchers et commerçants de bétail, Majed Eid, le président du syndicat des éleveurs de vaches laitières, Khaled al-Hajj, le président du syndicat des commerçants de fourrage, Arslan Sinno, et le président de l’Association des importateurs de médicaments vétérinaires et d’additifs alimentaires, Tarek Traboulsi.
Ils ciblent plus spécifiquement la redevance appliquée sur les tourteaux de soja et de tournesol, les tourteaux de coton, les pulpes de betterave sucrière, certains médicaments vétérinaires et additifs alimentaires, des produits essentiels à l’élevage de volailles et de bétail, des produits qui entrent tous dans la catégorie des résidus et déchets alimentaires, selon la définition utilisée par les douanes dans le chapitre 23 de leur nomenclature.
Les syndicats considèrent que l’imposition de la redevance de 3 % sur ces produits est injustifiée, car « ils ne génèrent aucun déchet et ne présentent aucun risque pour l’environnement », selon le communiqué.
« Le maintien de ces taxes entraînera une forte hausse des coûts de production et, par conséquent, une augmentation inévitable des prix des œufs, de la volaille, de la viande, du lait et des fromages, ce qui touchera directement le consommateur libanais et alourdira ses dépenses dans un contexte où il souffre déjà de l’inflation et de l’érosion de son pouvoir d’achat », affirme le texte, alors que le pays connaît une forte infmation (17 % en rythme annuel malgré le ralentissement de juillet) et que les prix du carburant sont repartis à la hausse de plus belle.
Cette question « concerne directement la sécurité alimentaire nationale », ont encore tonné les participants à la réunion.
