Des files de voitures attendant de faire le plein dans une station-service de Port-Soudan, ville située au bord de la mer Rouge, le 13 septembre 2026, alors que les prix du carburant s'envolent. Photo Ibrahim Ishaq/AFP
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a alerté lundi sur le risque d'effondrement en « quelques semaines » du dispositif lui permettant, ainsi qu'à plus de 100 ONG, d'acheminer de l'aide humanitaire au Soudan, faute de financements suffisants.
« Tout le système humanitaire pourrait s'effondrer en quelques semaines si nous n'agissons pas maintenant. Sans nouveaux financements, nous ne pourrons pas apporter l'aide là où elle est le plus nécessaire », a déclaré la directrice générale de l'OIM, Amy Pope, citée dans un communiqué.
« Nous ne pouvons tout simplement pas tourner le dos au peuple soudanais alors qu'il a le plus besoin de nous, en pleine flambée du conflit, face à la multiplication des déplacements de population et aux conséquences des fortes pluies », a-t-elle ajouté.
Ce « Pipeline humanitaire commun de l'OIM » a permis d'acheminer de l'aide auprès de 2,84 millions de personnes depuis juillet 2023. Il permet à l'OIM et à plus de 100 ONG partenaires nationales et locales de distribuer des abris et des articles non alimentaires essentiels à travers le pays.
Plus d'un million de personnes ont bénéficié d'une assistance via ce dispositif en 2024, un chiffre tombé à 804 000 en 2025, tandis qu'en 2026, l'OIM a jusqu'à présent fourni des abris d'urgence et des kits de secours d'urgence à 330 000 personnes, selon le communiqué.
« Sans soutien immédiat des donateurs, les articles de secours essentiels actuels, abris, fournitures d'assainissement et kits ménagers d'urgence, devraient être épuisés d'ici fin septembre 2026 », indique l'OIM.
Et « les capacités d'entreposage et opérationnelles qui maintiennent le Pipeline en fonctionnement ne pourront être assurées que jusqu'en décembre », poursuit l'organisation.
La guerre au Soudan, qui oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), autrefois alliés, a fait plus de 200 000 morts, selon les travailleurs humanitaires, et provoqué le déplacement de plus de 13 millions de Soudanais, dans ce qui constitue, dit l'ONU, la plus grave crise humanitaire du monde.
Selon l'OIM, relancer le dispositif après toute interruption constituerait un processus complexe, coûteux et long, nécessitant des ressources substantielles pour rétablir les chaînes d'approvisionnement, les systèmes opérationnels et les réseaux de coordination entre partenaires.
L'OIM a besoin de 15 millions de dollars pour maintenir le Pipeline à sa capacité minimale de 2026 pendant 12 mois et venir en aide à 305 000 personnes.
Une contribution de 27 millions de dollars permettrait de rétablir l'assistance à un niveau proche de celui de 2025 et de fournir une assistance à 570 000 personnes, tandis que 42 millions de dollars permettraient d'élargir l'intervention afin d'apporter un soutien vital immédiat à jusqu'à un million de personnes.