Une femme passe devant des drapeaux nationaux devant le Bharat Mandapam, lieu où se tiendra prochainement le sommet des BRICS à New Delhi, en Inde, le 10 septembre 2026. REUTERS/Bhawika Chhabra
L'Inde accueille ce weekend les principaux dirigeants du bloc diplomatique des BRICS, dont ceux de la Russie et d'Iran, pour un sommet en pleine turbulences géopolitiques mondiales, du conflit au Moyen-Orient à la guerre en Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue iranien Massoud Pezeshkian sont attendus dès vendredi dans la capitale indienne, où ils doivent tous s'entretenir avec le Premier ministre Narendra Modi.
Le président chinois Xi Jinping est également attendu pour sa première visite en Inde depuis 2019, mais sa participation à la réunion des BRICS n'a pas encore été officiellement confirmée par Pékin.
Si elle l'était, elle marquerait une nouvelle étape du lent rapprochement en cours entre les deux pays rivaux, six après l'incident militaire meurtrier qui les opposés le long de leur frontière disputée dans l'Himalaya.
Le forum des BRICS a été créé en 2009 pour rassembler les grandes économies émergentes - Brésil, Russie, Inde, Chine, rejoints rapidement par l'Afrique du Sud - hors des institutions dominées par les Etats-Unis et les puissances occidentales comme le G7.
Il s'est depuis élargi à l'Iran, l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, dont le président Mohammed Ben Zayed est annoncé en Inde.
La capitale, dont les grandes artères ont été pavoisées de photos de M. Modi rayonnant, sera largement bouclée dès vendredi par les forces de l'ordre.
Le conflit ouvert fin février au Moyen-Orient par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, et son impact sur les prix du pétrole et du gaz, devrait nourrir une partie des discussions de New Delhi.
Lors d'une réunion au début du mois de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Khirgizistan, M. Pezeshkian a appelé Washington à revenir à la table des négociations devant MM. Xi et Poutine.
Leurs deux pays, déterminés à contrer l'hégémonie américaine, continuent à commercer avec l'Iran malgré les menaces de sanctions répétées de Donald Trump.
« Ligne de fracture »
Une position en contradiction avec celles défendues par d'autres membres des BRICS, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis notamment, hostiles à Téhéran.
« La guerre contre l'Iran constitue un test de la cohésion du groupe », estime Shilan Shah, du centre de réflexion Capital Economics.
« L'incapacité des ministres des Affaires étrangères des BRICS à produire un communiqué commun en mai illustre les difficultés de concilier les positions divergentes de ses membres au Moyen-Orient », a souligné l'économiste.
« Ce conflit sera la principale ligne de fracture lors de ce sommet », prédit lui aussi auprès de l'AFP Harsh V. Pant, du centre de réflexion proche du gouvernement indien Observer Research Foundation.
Le pays hôte du sommet, l'Inde, entretient des relations cordiales avec l'Iran mais veille à maintenir un équilibre délicat dans ses relations avec Washington.
Six mois après la dernière visite en Inde du président russe, les discussions prévues vendredi entre MM. Poutine et Modi permettront aussi d'éprouver la qualité des liens entre leurs deux pays.
Alliée traditionnelle de la Russie, l'Inde a continué à en importer du pétrole malgré les sanctions des Etats-Unis, qui affirment que ces achats financent la guerre de Moscou contre l'Ukraine.
M. Modi, qui a jusque-là toujours évité de condamner ouvertement l'invasion russe, a exhorté lors du dernier sommet de l'OCS son « ami » Vladimir Poutine à trouver une issue au conflit, une invitation aussitôt saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
La réunion du weekend pourrait aussi être l'occasion de discussions serrées sur la domination économique chinoise, qui inonde ses partenaires des BRICS, à commencer par l'Inde, de ses exportations.
« Pékin devrait profiter de ce sommet pour promouvoir les échanges commerciaux entre ses membres, mais certains pourraient n'y voir que le souci de la Chine d'avancer ses propres intérêts », selon M. Shah.
Le déficit commercial indien vis-à-vis de la Chine a atteint un niveau record de 112 milliards de dollars lors de l'année fiscale 2025-2026.
Désarmement du Hezbollah, accord avec Israël : « L’OLJ » révèle ce que Beyrouth a fait entériner par la Ligue arabe