Cette photographie fournie par la Marine américaine et diffusée par le Commandement central des forces navales américaines le 9 septembre 2026 montre un Eurocopter AS-332 Super Puma transportant du ravitaillement vers le porte-avions de classe Nimitz USS George Washington lors d'une opération de ravitaillement en mer le 7 septembre 2026. Photo fournie par la Marine américaine / US NAVY / AFP
Des conseillers de haut rang de la Maison-Blanche auraient évoqué en privé avec le président américain Donald Trump la possibilité que la guerre contre l'Iran dure jusqu'à la fin de son mandat, en 2029, malgré les déclarations faites la veille selon lesquelles les Etats-Unis remporteront une victoire rapide d'ici les élections de mi-mandat de novembre prochain, ont rapporté des responsables américains selon des informations exclusives du Wall Street Journal (WSJ) publiées jeudi.
Selon le média américain, le vice-président JD Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, et d’autres, auraient évoqué au Bureau ovale et dans la Salle de crise avec le président la possibilité que Téhéran continue de résister à la pression américaine sous le coup du blocus et d’autres tactiques militaires, ce qui pourrait prolonger le conflit au-delà du jour de l’investiture (du nouveau président américain) en janvier 2029.
Peu avant la publication de ces informations sur ces avertissements à huis clos, Donald Trump a déclaré mercredi aux journalistes que la guerre prendrait fin « immédiatement » après les élections de mi-mandat de novembre, « car ils (les Iraniens) ne tiendront plus très longtemps ».
Les conseillers de Trump, notamment MM. Vance et Rubio, considérés comme des candidats potentiels aux prochaines élections (même si aucun des deux n’en a parlé publiquement), estimeraient qu’un conflit de plusieurs années mettrait une pression énorme sur les ressources militaires et risquerait de provoquer des perturbations sur les marchés mondiaux de pétrole en pleine campagne présidentielle américaine de 2028.
La guerre contre l’Iran avait commencé le 28 février comme une offensive israélo-américaine visant à faire tomber le régime et à le priver de sa capacité de se doter de l’arme nucléaire. Israël a, depuis, été écarté d’une participation directe au conflit, et les Etats-Unis ont entamé des pourparlers prometteurs avec les Iraniens ayant débouché sur un accord de principe en juin. Mais celui-ci n’a pas tenu, et les attaques américaines ont repris en juillet, associées à un blocus maritime et à des pressions économiques. Les Iraniens, notamment la branche armée du régime, les gardiens de la révolution, continuent leurs attaques quotidiennes sur les pays voisins, sous prétexte de viser les bases américaines. La fermeture relative du détroit d’Ormuz en raison des combats a eu des répercussions directes sur l’économie mondiale, avec une hausse des prix du pétrole.
Selon le WSJ, « Trump exprime souvent en privé à ses collaborateurs son souhait de voir la guerre, qui en est à son septième mois et a coûté la vie à 18 militaires, se terminer rapidement », ont indiqué ces mêmes responsables. Mais, poursuivent-ils, il soutient également un siège économique à long terme, recourant à un blocus naval et à des sanctions pour tenter de contraindre le régime à démanteler son programme nucléaire.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a présenté cette nouvelle stratégie — baptisée « Opération Economic Outcast » — comme une alternative aux opérations de combat de grande envergure, rappelle le journal. Par ailleurs, le ministre de la Guerre Pete Hegseth a déjà prolongé le déploiement de troupes américaines (quelque 50 000 soldats) au Moyen-Orient jusqu’à 2027. Et le Pentagone prévoit de prolonger le déploiement de certaines unités de défense aérienne au Moyen-Orient sans date de fin précise, selon les sources du WSJ.
Parmi les conséquences d’un conflit durable, que craignent des analystes interrogés par le journal, serait la capacité du régime iranien à s’adapter, à rediriger ses attaques vers les pays voisins, tout en renflouant son stock de missiles, drones, radars et autres équipements.
