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Un historien russo-israélien, accusé d’espionnage, détenu depuis plus d’un mois en Israël

Connu pour ses critiques virulentes de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens, le journaliste est soupçonné par les autorités d'avoir des liens avec un service de renseignement étranger.

Un historien russo-israélien, accusé d’espionnage, détenu depuis plus d’un mois en Israël

Un officier de police surveille la prison de Gilboa dans le nord d'Israël le 6 septembre 2021. Photo d'illustration Jalaa Marey / AFP

L’historien russo-israélien Artyom Kirpichenok, détenu depuis plus d’un mois par le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, est accusé d’espionnage et de contacts avec un agent d’un service de renseignement étranger, selon son avocate et des représentants de sa famille cités par plusieurs médias russes. Les autorités israéliennes n’ont jusqu’ici pas rendu publics les motifs précis de son arrestation.

Âgé de 51 ans et installé en Russie depuis 2005, Artyom Kirpichenok est journaliste et chercheur spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, il est connu pour ses critiques virulentes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et du sionisme.

Selon le média russe indépendant Meduza, qui cite son comité de soutien, l’historien est arrivé à Tel-Aviv le 2 août dernier afin de participer à une conférence internationale, et a été interpellé dès son arrivée à l’aéroport Ben Gourion par des agents du Shin Bet. Il a d’abord été détenu dans un centre du service de sécurité intérieure à Petah Tikva, à l’est de Tel-Aviv, avant d’être transféré à la prison d’Ayalon.

Des représentants de sa famille ont indiqué à Meduza que, « selon des informations non officielles », M. Kirpichenok est soupçonné de s’être « livré à des activités d’espionnage » et d’avoir communiqué avec « un agent d’un service de renseignement étranger ». L’un de ses proches cité par le média précise que cet agent présumé ne serait ni libanais ni iranien.

Son avocate, Inna Lebedinskaya-Katz, a indiqué le 4 septembre au quotidien russe Izvestia avoir reçu l’acte d’accusation visant son client qui est accusé d’espionnage sur la base de plusieurs dispositions légales dont les détails ne peuvent, à ce stade, être rendus publics. « Il s’agit des dispositions les plus lourdes en matière d’infractions contre la sécurité de l’État », a-t-elle précisé. « Il est actuellement détenu à la prison d’Ayalon, dans l’aile de haute sécurité, mais il dit qu’il va mieux là-bas car il n’est plus interrogé et qu’il a même droit à des promenades. Il a meilleure mine », a également indiqué son avocate.

Une autre infraction susceptible d’être reprochée à l’historien pourrait être liée à un voyage en Iran. En 2018, M. Kirpichenok avait raconté sur les réseaux sociaux un séjour dans ce pays. Israël considère l’Iran comme un État ennemi et interdit à ses ressortissants de s’y rendre sans autorisation spéciale du ministère de l’Intérieur, une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison. Izvestia affirme que l’historien se serait rendu à plusieurs reprises en Iran. Meduza souligne toutefois qu’après son séjour de 2018, M. Kirpichenok est revenu plusieurs fois en Israël sans rencontrer de difficultés à la frontière, selon deux de ses proches.

Les circonstances du voyage de M. Kirpichenok en Israël suscitent également des interrogations. Selon Meduza, il devait participer à une conférence scientifique internationale puis quitter le pays six jours après son arrivée. Mais lorsque des représentants de sa famille ont contacté la municipalité de la ville où l’événement était censé se tenir, celle-ci leur aurait répondu qu’aucune conférence de ce type n’avait eu lieu. Des proches de l’historien soupçonnent dès lors que cette invitation a pu servir à l’attirer en Israël dans le cadre d’une opération des services de sécurité.

Moscou saisit l’ONU

La Russie s’est également saisie de l’affaire. L’ambassadeur russe en Israël, Anatoli Viktorov, a indiqué le 5 août à l’agence russe RIA Novosti que la mission diplomatique avait adressé une demande aux autorités israéliennes compétentes afin d’obtenir des informations sur l’arrestation de M. Kirpichenok. Le 28 août, le Conseil des droits de l’homme auprès de la présidence russe a par ailleurs saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Il a demandé aux autorités israéliennes de préciser les motifs de son arrestation et de lui garantir un accès à un avocat ainsi qu’à des soins médicaux.

L’historien russo-israélien Artyom Kirpichenok, détenu depuis plus d’un mois par le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, est accusé d’espionnage et de contacts avec un agent d’un service de renseignement étranger, selon son avocate et des représentants de sa famille cités par plusieurs médias russes. Les autorités israéliennes n’ont jusqu’ici pas rendu publics les motifs précis de son arrestation.Âgé de 51 ans et installé en Russie depuis 2005, Artyom Kirpichenok est journaliste et chercheur spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, il est connu pour ses critiques virulentes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et du sionisme.Selon le média russe indépendant Meduza, qui cite son comité de soutien,...