L'institution culturelle connue sous le nom de « Russisches Haus » (Maison de la Russie) est photographiée à Berlin, en Allemagne, le 1er septembre 2026. Photo Tobias SCHWARZ / AFP
L'Allemagne rend la Russie « responsable » de « l'attaque hybride » menée avec un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig, une plateforme clé pour l'armée allemande, l'Otan et le soutien logistique à l'Ukraine, a affirmé mardi le ministre allemand de l'Intérieur.
« Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig », a déclaré Alexander Dobrindt lors d'une courte déclaration.
Début août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens, et un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes plus tard.
D'après les médias, qui s'appuyent sur des sources proches des autorités, un troisième drone a été retrouvé dix jours plus tard à l'ouest de l'aéroport.
Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d'hexogène, un explosif militaire très puissant, a été retrouvée sur place.
Le ministre a étayé son accusation par le fait que les « moyens d'action observés s'inscrivent « dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe ».
« La configuration des drones » et l'utilisation de « divers composants, des explosifs et des dispositifs de mise à feu » renvoient à « d'autres opérations hybrides menées par la Russie et de sa guerre contre l'Ukraine », a-t-il précisé.
La technologie utilisée et « l'interaction des différents éléments doivent être qualifiées de professionnelles et révèlent un haut niveau d'expertise technique ainsi qu'un effort organisationnel considérable », a-t-il poursuivi.
Si l'exécution finale de la « tentative d'attentat » relève d'agents dits « jetables », ces derniers ont agi « sur ordre d'autorités étatiques russes », a encore accusé le ministre conservateur.
Son collègue des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a annoncé dans la foulée la fermeture sous une quinzaine de jours du dernier consulat russe du pays, à Bonn, et d'un centre culturel russe à Berlin suspecté d'héberger des espions.
Réaction de l'Otan
Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a assuré mardi que l'Alliance défendrait ses membres contre « toute menace », après l'attaque hybride imputée à la Russie contre l'aéroport de Leipzig en Allemagne en août.
« L'Otan se tient pleinement aux côtés de l'Allemagne après l'attaque hybride russe à Leipzig le 14 août », a assuré M. Rutte sur le réseau social X, après s'être entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz, ajoutant que l'organisation protégerait ses membres « contre toute menace, y compris les actions néfastes telles que celles qui ont eu lieu à Leipzig et ailleurs au sein de l'Alliance ».

