Une femme âgée passe devant un véhicule détruit après une frappe israélienne dans le quartier de Rimal, à Gaza, le 1er septembre 2026. Photo Omar AL-QATTAA / AFP
Quatre personnes ont été tuées mardi à Gaza lors d'une opération israélienne visant à arrêter un haut responsable du Hamas, durant laquelle des bombardements d'une intensité rare ces dernières semaines ont été menés, selon les autorités locales. Tôt mardi, une dizaine de frappes, ainsi que des tirs nourris de drones, ont visé l'ouest de Gaza-ville, principale localité du territoire, ont indiqué à l'AFP un témoin et une source sécuritaire palestinienne.
La Défense civile de Gaza, service de secours qui opère sous l'autorité du Hamas, a fait état de quatre morts, dont trois enfants, et sept blessés à la suite de frappes menées par « des avions de chasse de l'armée israélienne ». Un reporter de l'AFP a assisté aux funérailles de deux des victimes, deux garçons dont les corps ont été enveloppés dans des linceuls avant d'être emportés.
Peu après les frappes, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé que son pays avait arrêté un « terroriste de haut rang », sans donner davantage de précisions sur son identité, ni sur les circonstances de l'arrestation. « Nous ne quitterons pas Gaza tant que la bande ne sera pas démilitarisée, que le Hamas ne sera pas désarmé et que tous les tunnels terroristes ne seront pas détruits », a-t-il ajouté.
L'arrestation n'a pas été confirmée par le mouvement islamiste palestinien. Une source sécuritaire à Gaza a affirmé à l'AFP qu'une opération israélienne visant à capturer un cadre du Hamas avait été « mise en échec », sans toutefois dire qui était la cible. L'opération israélienne a été menée conjointement par l'armée israélienne et un groupe armé palestinien hostile au Hamas, a ajouté cette source, sans fournir plus de précisions.
Un autre responsable palestinien a lui aussi affirmé que l'opération avait manqué sa cible, présentée sans plus de détails comme une « figure centrale » du Hamas, mais déclaré qu'un autre membre du mouvement avait été « enlevé » lors de l'attaque.
Si l'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations, les témoignages recueillis font état d'une brusque éruption de tirs et de bombardements. « Une Jeep s'est arrêtée au milieu de la rue et a commencé à tirer sans distinction dans toutes les directions pendant une quinzaine de minutes », selon Wafika al-Helou, qui vit dans une tente dans le quartier visé. « C'était terrifiant ». « Il y a eu des coups de feu » et « cinq ou six frappes en moins de trois minutes », a ajouté un autre témoin, Mutaz Abou Asr. Non loin, des habitants sont massés autour de la carcasse calcinée d'une voiture blanche gisant sur un chemin boueux entre deux rangées compactes de tentes.
Les frappes israéliennes sur Gaza se poursuivent quasi quotidiennement en dépit d'un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025 et négocié sous l'égide des Etats-Unis. En plus des quatre morts à Gaza-ville, deux personnes, dont un enfant, ont été tuées mardi dans le centre de Gaza par des tirs israéliens, a déclaré l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa.
Les opérations israéliennes ont fait au moins 1.318 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.

