Des Palestiniens transportent les corps des victimes d'une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Gaza-ville, en vue de leur inhumation, le 31 août 2026. Photo d'Omar AL-QATTAA / AFP
Une opération israélienne visant à arrêter un haut responsable du Hamas a été menée mardi par les forces israéliennes à Gaza-Ville, mais a été repérée, ce qui a déclenché une série de bombardements aériens pour couvrir le retrait des assaillants. Au moins trois Palestiniens, dont deux enfants, ont été tués dans ces frappes.
Après ces attaques, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé l’arrestation d’un haut responsable du mouvement palestinien, sans toutefois révéler son identité ni préciser les circonstances de l’opération. Un responsable israélien de la sécurité a toutefois indiqué que l’homme arrêté était le chef du service de sécurité intérieure du Hamas. Selon plusieurs médias israéliens, l’opération pourrait avoir été menée par des membres d’une milice soutenue par Israël et opérant depuis des zones de la bande de Gaza sous contrôle israélien.
Du côté du Hamas, Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement de Gaza, administré par le mouvement palestinien, a affirmé qu’une « force spéciale israélienne » avait tenté de mener une opération dans la ville de Gaza avant d’être repérée. Israël a alors lancé d’intenses frappes aériennes, faisant plusieurs morts et blessés, selon lui. Des témoins ont rapporté que des avions de combat israéliens avaient tiré au moins douze missiles à proximité du secteur de Katiba, dans l’ouest de la ville de Gaza, une zone où se trouvent de nombreuses familles déplacées. Au moins trois Palestiniens, deux enfants et une femme, ont été tués et plusieurs autres blessés dans ces frappes, selon des secouristes. Deux véhicules ont également été touchés et détruits.
Une jeune palestinienne tuée
L’armée israélienne a, elle, indiqué dans un communiqué avoir frappé mardi plusieurs cibles dans la bande de Gaza afin, selon elle, « d’éliminer des menaces » pesant sur ses forces. « Telle est notre politique : nous n’attendons pas les menaces, nous poursuivons les terroristes du Hamas, les neutralisons et détruisons leurs infrastructures terroristes », a déclaré Israël Katz depuis Netiv HaAsara, près de la frontière nord de la bande de Gaza.
Dans un incident distinct, une jeune fille, Israa al-Hissi, a été tuée et deux autres personnes blessées par des tirs de forces israéliennes opérant à l’est de Deir el-Balah, dans le centre de l'enclave palestiniennes, selon des secouristes. Ces décès portent à au moins quatre le nombre de Palestiniens tués mardi dans les deux incidents.
Ces nouvelles violences surviennent malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025 et négocié sous l'égide des Etats-Unis, ayant mis fin aux combats de grande ampleur qui avaient dévasté la bande de Gaza. Israël justifie ces tirs en affirmant devoir éliminer les menaces émanant du Hamas, à l'origine de l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Les opérations israéliennes à Gaza ont fait plus de 1 318 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.


