Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Photo ANI
Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a affirmé au journal an-Nahar, dans un entretien paru jeudi, que la décision de considérer l’ambassadeur d’Iran, Mohammad Reza Chibani, comme persona non grata par le Liban « ne laisse place à aucune interprétation ni à aucune marge d'appréciation », d’où le fait qu'un renouvellement potentiel de son visa, qui doit expirer au début de la semaine prochaine, « ne reposerait sur aucun fondement juridique ».
« Dès qu'un diplomate est déclaré persona non grata, il est tenu de quitter le territoire de l'État d'accueil, et aucun visa, aucune autorisation d'entrée ni aucun titre de séjour qui lui avait été accordé auparavant n'a plus d'effet juridique lui permettant de rester sur ce territoire. Par conséquent, évoquer le renouvellement de l'une ou l'autre de ces mesures constitue une hérésie juridique et va à l'encontre des règles les plus élémentaires du droit international et des usages diplomatiques en vigueur. »
Le diplomate iranien était resté au Liban malgré son statut de persona non grata depuis mars, lorsque les autorités libanaises avaient pris une série de mesures visant à expulser des membres des gardiens de la révolution présents au Liban et réduire encore plus les relations avec Téhéran, après la reprise de la guerre contre Israël, par le Hezbollah, en soutien à l'Iran. Le 2 mars, le parti chiite avait tiré des roquettes sur l'Etat hébreu pour soutenir Téhéran, après le début de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, le 28 février, relançant plusieurs mois d'attaques israéliennes qui se poursuivent malgré un cessez-le-feu théorique en vigueur depuis mi-juin. La décision des Affaires étrangères concernant l'ambassadeur Chibani avait, à l’époque, entraîné un bras-de-fer entre le chef de la diplomatie et les alliés de l’Iran, notamment le tandem chiite.
Bien qu’il soit resté sur le territoire libanais, principalement entre les murs de l’ambassade, M. Chibani verra son permis de séjour expirer le 24 août, toujours selon an-Nahar, de quoi laisser présager une nouvelle polémique dans le pays. Des médias locaux évoquaient en effet dès juillet la possibilité pour la Sûreté générale de renouveler ce document, malgré la décision gouvernementale. Des voix s’élèvent depuis – non seulement le ministre Raggi mais certains hommes politiques comme le député Samy Gemayel, chef du parti Kataëb – pour dénoncer « une atteinte au prestige de l’Etat ».
M. Raggi a souligné que « toute affirmation selon laquelle le visa de M. Chibani resterait valable ou pourrait être renouvelé n’a aucune valeur juridique et ne saurait constituer un fondement justifiant son maintien au Liban ».
« Le maintien de M. Chibani sur le territoire libanais après la décision de le déclarer persona non grata est contraire à une décision souveraine claire prise par l’État libanais, a-t-il ajouté. Cette décision est définitive et exécutoire, elle n’admet aucune exception, interprétation ou contournement, et ne peut faire l’objet d’aucun ‘règlement’, sous quelque appellation que ce soit. »


