L'ancien chef du Mossad, Yossi Cohen. Photo Heidi Levine/AFP
Un ancien chef du Mossad, les services de renseignement extérieurs israéliens, a affirmé mardi que des agents israéliens s'étaient rendus « de nombreuses fois » sur le site nucléaire iranien de Fordo afin de mieux comprendre les installations. En juin 2025, Israël a lancé une guerre contre son ennemi juré, l'Iran, avec pour objectif déclaré d'affaiblir ses programmes nucléaire et balistique, qu'il considère comme une « menace existentielle ». Les forces armées américaines ont brièvement pris part à ce conflit de 12 jours, utilisant leurs avions de pointe pour bombarder les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan. Le complexe d'enrichissement de Natanz a été de nouveau visé lors du conflit lancé le 28 février par une offensive américano-israélienne.
« Nous avons visité le site nucléaire de Fordo à de nombreuses reprises afin de comprendre le site », a déclaré Yossi Cohen, qui a dirigé le Mossad de 2016 à 2021, lors d'une conférence réunissant des responsables des collectivités locales, selon les médias israéliens. Il n'a pas précisé quand ces visites avaient eu lieu ni qui y avait participé. Selon la même source, M. Cohen a ajouté que « le bombardement du site par les Américains était la réalisation de tous (ses) rêves ».
Le programme nucléaire iranien constitue depuis longtemps un sujet majeur de désaccord entre Téhéran et les pays occidentaux, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce qu'elle dément. Ancien proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Yossi Cohen a joué un rôle important, durant son mandat, dans la conclusion des accords d'Abraham qui ont conduit à la normalisation des relations entre Israël et trois pays arabes, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc. Le Soudan avait également adhéré aux accords, mais le pays a ensuite sombré dans la guerre et n'a jamais ratifié ni mis en œuvre l'accord.
Yossi Cohen a été associé à l'assassinat, en 2020, du scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh, bien qu'Israël n'ait jamais officiellement commenté cette opération. Depuis la fin de son mandat à la tête de l'agence, l'ex-chef du Mossad reste très présent dans l'espace public. Il accorde régulièrement des interviews aux médias israéliens et a laissé entendre à plusieurs reprises qu'il pourrait se lancer en politique, ce qui ne s'est toutefois pas encore produit.

