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Dernières Infos - Conflit

Libye: le chef des renseignements de l'Est assassiné, revers pour les Haftar


De la fumée noire et des flammes s'élèvent d'un réservoir de stockage lors d'un incendie à la raffinerie de Zawiya, la deuxième plus grande raffinerie de pétrole de Libye, d'une capacité de raffinage de 120 000 barils par jour, après qu'un réservoir appartenant à la compagnie pétrolière publique libyenne Brega a été attaqué par des auteurs inconnus, à al-Zawiyah, le 11 août 2026. Photo Mahmud Turkia / AFP

Le chef des services de renseignement de l'armée de l'Est en Libye, dirigée par Khalifa Haftar, a été tué lundi dans un attentat à Benghazi, un coup dur pour ce puissant clan qui aspire à contrôler tout le pays.

Le commandement de l'Armée nationale libyenne (ANL) a annoncé dans un communiqué en pleine nuit la mort dans un attentat à la voiture piégée du chef militaire Fauzi Al-Mansouri, l'un des plus importants du pays, fustigeant un « acte lâche et criminel ». Sa voiture a explosé « alors qu'il quittait la mosquée après la prière du soir » dans un quartier résidentiel de Benghazi (nord-est), a précisé l'ANL.

Il s'agit d'une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l'Est depuis une dizaine d'années, a dit à l'AFP un spécialiste de la région orientale.

Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans l'instabilité et les divisions. Elle est actuellement gouvernée par deux exécutifs: l'un basé à Tripoli, reconnu par l'ONU dirigé par Abdelhamid Dbeibah et un autre basé à Benghazi, contrôlé par le clan familial des Haftar. L'ANL contrôle l'est du pays depuis 2017 mais fait face à des poches de résistance dans le sud.

L'exécutif de l'Est aime donner l'image d'une plus grande stabilité que dans l'ouest où des affrontements opposent régulièrement des groupes armés luttant pour le contrôle de certains territoires comme la ville de Zawiya (ouest), théâtre de nombreux trafics (gazole, drogue, migrants, etc...).

Deux des fils du maréchal Haftar ont assisté aux funérailles du général Al-Mansouri: Khaled, chef d'état-major de l'ANL, et son cadet Saddam, vice-commandant de l'ANL et héritier désigné de son père. Malgré la présence de militaires armés, aucune mesure de sécurité extraordinaire ne paraissait avoir été prise, note le spécialiste de l'Est.

L'attentat constitue un « grave revers pour le dispositif de sécurité » du camp Haftar, compte tenu du « degré de sophistication de l'attaque, menée dans le bastion de l'ANL » qu'est Benghazi, a dit à l'AFP Hamish Kinnear, analyste du cabinet Verisk Maplecroft.

Risques sécuritaires et politiques

L'ANL a dit enquêter sur les auteurs et commanditaires de l'attaque, promettant qu'ils « ne pourront pas échapper au châtiment ». L'ANL compte poursuivre son « combat contre le terrorisme » et « pour la stabilité et la sécurité de la Libye ainsi que l'unification de ses institutions ».

La mort de Fauzi Al-Mansouri intervient alors que l'administration américaine de Donald Trump pousse pour une réunification de la Libye selon les termes d'un plan mis au point par leur émissaire pour l'Afrique Massad Boulos. Le plan prévoit, selon des médias occidentaux, que Saddam Haftar prenne la présidence d'un exécutif unifié installé à Syrte (ville contrôlée par les Haftar) en gardant Dbeibah au poste de Premier ministre Dbeibah.

Pour l'expert Kinnear, l'assassinat, des attaques de drones sur une raffinerie dans l'ouest et la démission récente du gouverneur de la Banque centrale « montrent que la situation politique et sécuritaire peut se détériorer rapidement ».

Selon lui, le plan Boulos a aussi pour « grande faiblesse » qu' « aucune des deux familles (Dbeibah et Haftar) n'est susceptible de se satisfaire longtemps de sa position », avec le risque d' « une nouvelle lutte pour le pouvoir déstabilisatrice ».

Fauzi Al-Mansouri, général de brigade quinquagénaire, était originaire d'Ajdabiya (nord-est). Il avait joué entre 2014 et 2017 un rôle crucial dans la victoire des forces pro-Haftar sur les jihadistes qui dominaient l'est libyen. Il avait aussi été déterminant dans une vaste offensive en 2019 sur Tripoli, qui s'était soldée par une défaite du camp Haftar, à la mi-2020.

Le chef des services de renseignement de l'armée de l'Est en Libye, dirigée par Khalifa Haftar, a été tué lundi dans un attentat à Benghazi, un coup dur pour ce puissant clan qui aspire à contrôler tout le pays. Le commandement de l'Armée nationale libyenne (ANL) a annoncé dans un communiqué en pleine nuit la mort dans un attentat à la voiture piégée du chef militaire Fauzi Al-Mansouri, l'un des plus importants du pays, fustigeant un « acte lâche et criminel ». Sa voiture a explosé « alors qu'il quittait la mosquée après la prière du soir » dans un quartier résidentiel de Benghazi (nord-est), a précisé l'ANL. Il s'agit d'une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l'Est depuis une dizaine d'années, a dit à l'AFP un spécialiste de la région...