La militante libanaise Ougarit Younane lors de son passage sur RFI le 30 juin 2026. Capture d'écran
La militante libanaise Ougarit Younane, connue pour son long combat contre la peine de mort, a qualifie l’adoption de la loi sur son abolition au Parlement « de moment historique ». « C’est le cas dans tous les pays où la peine de mort est abolie, parce que cette loi change la conception qu’on se fait de l’acte de gouverner, quand on retire aux autorités la prérogative de tuer », selon une delcaration faite a L’Orient-Le Jour.
Présente au Parlement lors du vote mardi, en compagnie de plusieurs jeunes activistes, la militante, qui est aussi sociologue, écrivaine et formatrice, décrit une pure émotion dans l'Hémicycle. « Le vote a été suivi d’applaudissements, nous avons pris ensuite une photo avec les députés qui soutenaient le projet sur l’escalier du Parlement, malgré les protestations des gardes », raconte-t-elle en riant.
Au niveau du texte lui-même, elle proteste contre certains amendements qui ont gardé les termes « travaux forcés » et « perpétuité aggravée » dans la loi. « Mais, du moins, ils ont suivi mon conseil en maintenant l’article 1 clair et sobre, avec cette seule phrase nette : La peine de mort est abolie de toutes les lois libanaises », souligne-t-elle.
Ougarit Younane ne peut cependant s’empêcher de partager un certain sentiment mitigé : « Pour moi, l’abolition de la peine de mort est un événement majeur dans tout pays. Je me demande combien le Liban, toujours en guerre et en proie à des crises successives, est capable actuellement de profiter de ce moment et d’en mesurer l’ampleur. Surtout quand la mort reste si omniprésente dans l’actualité. »
Sur une note personnelle, elle aurait souhaité que son compagnon de vie et écrivain, Walid Slaiby (décédé en mai 2023), soit toujours là pour témoigner de cette réussite majeure. « Ses écrits ont été cités plusieurs fois au Parlement durant le débat », lâche-t-elle.


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