Des soldats américains patrouillant à al-Qahtaniyah, en Syrie, en mars 2022. Photo DELIL SOULEIMAN / AFP
La Pologne, voisine de l'Ukraine et de la Russie, discute avec Washington de la création de bases américaines permanentes sur son territoire, a indiqué mercredi le vice-ministre polonais de la Défense, Pawel Zalewski, chargé des négociations.
Environ 10.000 soldats américains sont stationnés actuellement en Pologne, quasi exclusivement dans un système de rotations.
La semaine dernière, les Etats-Unis ont formellement lancé un réexamen de leur présence militaire en Europe, destinée à la pousser à assumer « la responsabilité principale de sa défense conventionnelle », laissant ainsi planer le spectre d'une réduction significative de sa présence sur le Vieux continent.
Cependant, la Pologne, qui joue un rôle stratégique sur le flanc oriental de l'Otan et consacre déjà environ 5% de son PIB à la défense, modernise son armée à coups de milliards d'euros d'achats, notamment aux Etats-Unis, et oeuvre au renforcement de la présence américaine sur son territoire.
« Nous avons déjà dépassé la phase préliminaire, sans même parler de la volonté politique qui a été exprimée depuis longtemps », a déclaré Pawel Zalewski à la chaîne de télévision publique polonaise TVP Info, indiquant que Varsovie a été informée par Washington « de la création d'une équipe américaine qui sera (...) notre partenaire » dans les discussions.
« Nous savons que nous voudrons discuter de plusieurs bases, d'une transformation progressive de bases américaines (actuelles) en bases permanentes », a-t-il ajouté.
Selon M. Zalewski, Varsovie et Washington échangent déjà leurs « propositions » qui « ne sont pas encore officielles ».
Les Etats-Unis avaient sévèrement critiqué nombre de pays européens qui ont refusé aux forces américaines l'utilisation des bases de l'Otan sur leur territoire pendant la guerre contre l'Iran.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait également menacé l'Alliance de réduire la contribution américaine à son budget si certains Etats refusaient de respecter les engagements pris l'an dernier lors du sommet de l'Otan à La Haye.
Les Alliés y avaient promis de consacrer, d'ici à 2035, au moins 5% de leur Produit intérieur brut à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5% à leurs dépenses strictement militaires.

