Cette photographie, prise depuis le village de Chaqra, dans le sud du Liban, montre des bulldozers blindés D9 de l'armée israélienne menant des opérations de défrichage dans une zone boisée près de l'entrée du village de Houla, dans le secteur du Wadi Slouqi, le 4 août 2026. Photo Ali Ezzedine / AFP
Le député sunnite de Tripoli, Achraf Rifi, s'en est une nouvelle fois violemment pris au Hezbollah mercredi, au lendemain d'un échange acerbe entre le Premier ministre Nawaf Salam et le secrétaire général du mouvement chiite, Naïm Kassem, par déclarations interposées, s'accusant mutuellement de faciliter l'invasion du Liban-Sud par Israël.
« Le temps des illusions est révolu. Il est désormais temps que le Hezbollah reconnaisse l'échec de son projet et restitue la décision à l'État libanais, seul détenteur légitime du pouvoir de décider de la guerre et de la paix, afin de protéger le Liban et l'avenir de ses enfants », a déclaré le député, prenant la défense de la position du chef du gouvernement.
Ce dernier avait écrit mardi sur X que « le plus grand service rendu à Israël l'a été par ceux qui ont unilatéralement entraîné le Liban dans les aventures guerrières absurdes du 'front de soutien', lui fournissant les prétextes pour agresser notre pays, bafouer sa souveraineté, détruire ses villes et ses villages, tuer ses habitants et en déplacer des centaines de milliers ».
Plus tôt mardi, Naïm Kassem avait critiqué dans un discours l'État libanais, l'accusant de « servir Israël » plutôt que « la souveraineté du Liban » en menant des négociations directes avec Tel-Aviv et en soutenant le projet de zones pilotes, alors que l'armée israélienne a totalement détruit au moins 24 villages du Liban-Sud, selon son ministre de la Défense, Israël Katz, et continue d'occuper et de dynamiter une partie du territoire.
« Trois guerres de soutien, trois aventures vouées à l'échec et trois lourds tributs payés par le Liban et les Libanais. Tel est le véritable bilan du projet du Hezbollah, quels que soient les efforts de Naïm Kassem pour déformer la réalité ou vendre des illusions », a encore lancé Achraf Rifi.
« Le soutien au régime de Bachar el-Assad s'est achevé par la chute de ce même régime, que le Hezbollah avait défendu au prix de l'engagement de milliers de Libanais dans une guerre qui ne servait en rien les intérêts du Liban. Le soutien à Gaza s'est soldé par la destruction du Sud, de la banlieue sud de Beyrouth et de la Békaa, le déplacement de centaines de milliers de Libanais et un nouvel approfondissement de l'effondrement économique et de l'isolement politique du pays. Quant au soutien à l'Iran, il s'est conclu par l'aveu même de Naïm Kassem que la décision de faire la guerre ou d'y mettre fin n'était pas libanaise, mais iranienne, reconnaissant ainsi clairement que le Liban n'était qu'une carte de négociation aux mains du régime iranien », a-t-il ajouté.

