Des policiers se tiennent devant un supermarché endommagé après une frappe de missile dans la capitale ukrainienne, Kyiv, le 1er août 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. Photo Genya SAVILOV / AFP
L'Ukraine n'a pas pu abattre un seul missile russe lors de l'attaque meurtrière qui a fait au moins 15 morts à Kiev et dans sa région pendant la nuit, selon un rapport quotidien de l'armée de l'air publié mercredi.
L'armée russe a tiré 115 drones et 28 missiles à haute vitesse, notamment balistiques, lors de ces frappes, a indiqué l'armée de l'air. Elle a précisé avoir abattu 98 de ces drones, sans mentionner aucun missile alors que Kiev déplore depuis des semaines un manque cruel de munitions antibalistiques qui permettent d'intercepter ce genre de missiles.
L'armée russe a tiré 24 missiles balistiques et quatre autres de type antinavire lors de cette attaque ayant principalement visé la région de Kiev, a indiqué l'armée de l'air dans son rapport. Ces projectiles volent à une très grande vitesse et ne peuvent être abattus que par des systèmes de défense aérienne Patriot dont l'Ukraine n'a qu'une poignée et pour lesquels les munitions manquent, surtout depuis la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a averti récemment que l'Ukraine est confrontée à une pénurie critique de ces missiles PAC-3 face à l'utilisation croissante par la Russie de missiles balistiques. Selon des analystes militaires, la Russie a considérablement intensifié leur utilisation, passant d'un total estimé de 200 à 300 missiles sur l'ensemble de l'année 2024 à environ 126 pour le seul mois de juillet 2026.
Selon le décompte de l'AFP basé sur les données officielles, l'Ukraine en a intercepté moins d'un tiers. Volodymyr Zelensky s'est rendu à la Maison Blanche fin juillet afin de plaider en faveur de la livraison de ces missiles Patriot de fabrication américaine. Donald Trump avait par ailleurs dans un premier temps déclaré qu'il autoriserait l'Ukraine à produire ces intercepteurs Patriot.
Il a toutefois depuis exprimé des réserves à propos de ce projet, déclarant la semaine dernière que Washington devait faire preuve de « beaucoup de prudence » avant de prendre une décision.
La Russie et l'Ukraine ont considérablement intensifié les frappes ces derniers mois. Kiev, la capitale, est très souvent visée. L'Ukraine intercepte la majorité des drones russes grâce à des technologies qu'elle a développées depuis le début de l'invasion russe en février 2022, mais dépend des livraisons occidentales pour contrer les missiles balistiques.


