Un drapeau grec. Photo LOUISA GOULIAMAKI/AFP/Getty Images
La Grèce a lancé jeudi un programme d'armements de 4,2 milliards d'euros comprenant l'acquisition pour quelque trois milliards d'euros d'un bouclier de défense aérienne et antimissile auprès d'Israël, selon une source ministérielle à l'AFP.
Ce « bouclier d'Achille a été approuvé lors d'une réunion du conseil gouvernemental de la Défense et des Affaires étrangères (Kysea) d'un budget de 3 milliards euros acheté à Israël », a indiqué cette source au sein du ministère grec de la Défense. « La Grèce est entrée dans une nouvelle ère, une nouvelle réalité », s'est félicité Nikos Dendias, le ministre de la Défense, sur son compte X.
Le programme comprend aussi l'acquisition d'avions de transport C-390 Millennium, de drones Heron, de missiles destinés aux hélicoptères Apache mais aussi des embarcations furtives Victa destinées aux opérations spéciales, ainsi que des systèmes sonar pour les frégates, selon un document du ministère consulté par l'AFP. Selon ce même document, les sous-traitants grecs vont contribuer à hauteur de 700 millions d'euros au projet de « dôme antiaérien ».
Le « bouclier d'Achille » est un système intégré de défense aérienne et antimissile multicouche reposant sur plusieurs systèmes interconnectés destinés à protéger le territoire grec contre les drones, les avions, les missiles de croisière et les missiles balistiques. En avril 2025, face aux défis grandissants pour la sécurité de l'Europe, le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis avait lancé une vaste refonte de son armée étalée sur 12 ans. Athènes a présenté cette réforme comme la plus importante de son histoire moderne avec un budget alloué d'environ 25 milliards d'euros.
« Une nécessité »
Le gouvernement grec a à plusieurs reprises justifié ce vaste programme d'armements comme « une nécessité », après le gel du budget d'armements pendant la décennie de la crise financière (2009-2018). Les tensions récurrentes avec la Turquie, son rival régional mais allié au sein de l'Otan, figurent également parmi les raisons de cette réforme.
Depuis l'arrivée de Kyriakos Mitsotakis au pouvoir en 2019, la Grèce a fortement investi dans la modernisation de ses forces armées, notamment à travers l'acquisition de frégates françaises Belharra et d'avions de combat Rafale. La Grèce et la France ont renouvelé en avril, à l'occasion d'une visite du président français Emmanuel Macron, l'accord de coopération en matière de défense signé en 2021. « Si votre souveraineté est menacée, nous serons à vos côtés », avait alors assuré Emmanuel Macron.
Athènes a également signé un accord portant sur l'acquisition de 20 avions de combat F‑35 de fabrication américaine. Client historiquement important de l'industrie de la défense européenne et américaine, la Grèce a renforcé ces dernières années ses relations avec Israël en matière de sécurité et de défense. Actuellement, elle figure parmi les quatre pays de l'Alliance atlantique qui consacrent plus de 3% de leur PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie.

