Rencontre au Grand sérail, le 8 juillet entre le Premier ministre libanais, Nawaf Salam et une délégation du village chrétien de Aîn Ebel, au Liban-Sud. Photo ANI
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a assuré mercredi aux habitants de Aïn Ebel, l'un des rares villages encore habités de la zone frontalière occupée par Israël, que « l’État demeurera à leurs côtés afin de leur permettre de rester sur leurs terres », a rapporté l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Ces assurances ont été formulées quelques jours après les propos polémiques du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui avait affirmé dimanche que certains villages chrétiens du Liban-Sud auraient « demandé à être annexés par Israël », par crainte du Hezbollah. Des allégations aussitôt démenties catégoriquement par une quinzaine de villages du Liban-Sud, dont Aïn Ebel, Debel et Rmeich.
« L'État restera à vos côtés et aux côtés de tous les habitants du Sud. Il ne ménagera aucun effort pour fournir tout le soutien nécessaire afin de renforcer votre résilience et vous permettre de demeurer sur vos terres », a souligné M. Salam à une délégation de Aïn Ebel qu’il a reçue au Grand Sérail, tout en saluant leur patriotisme et leur attachement à leur terre.
Parmi les « villages chrétiens au Liban, certains ont même demandé à être annexés à Israël, parce que nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer. Et nous faisons la même chose avec les chrétiens partout », avait encore déclaré Benjamin Netanyahu dans l’émission The Sunday Briefing, alors que son pays occupe environ 620 km² du sud du Liban, le long de la frontière. Le chef du gouvernement israélien n’a toutefois pas nommé les villages qu’il évoque.
Le démenti catégorique de ces villages en réaction aux propos de Benjamin Netanyahu a été salué par le président du Parlement, Nabih Berry, allié chiite du Hezbollah. Le chef du législatif a rendu hommage à « leur résilience et l’attachement à leur terre et à leur identité, qui reflètent l’authenticité de leur appartenance nationale qu’ils ne négocieront sous aucun prétexte ». Quant à Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, il a estimé que ces localités « font partie intégrante du tissu national et social du Liban-Sud », fustigeant les autorités libanaises qui avaient gardé le silence sur les propos du Premier ministre israélien.

