Le président Joseph Aoun lors d'un appel vidéo avec l'American Task Force for Lebanon le 6 juillet 2026. Photo Présidence libanaise
Le président de la République, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'il était nécessaire d'exercer des pressions sur Israël afin d'obtenir son retrait du Liban-Sud, estimant que la poursuite de son occupation « sape la légitimité de l'État et empêche le déploiement de l'armée ».
Le chef de l'État s'exprimait lors d'un échange en visioconférence avec l'American Task Force for Lebanon (ATFL), une organisation œuvrant au renforcement des relations libano-américaines. Au cours de cette rencontre, les membres de l'association ont appelé à soutenir l'accord-cadre conclu sous l'égide des États-Unis avec Israël afin d'en appliquer les dispositions, « notamment en ce qui concerne la souveraineté et le déploiement de l'autorité de l'État libanais sur l'ensemble du territoire ».
Conclu fin juin, cet accord prévoit notamment le retrait des forces israéliennes de deux « zones pilotes » du Liban-Sud occupé et leur transfert à l'armée libanaise. Il ne fixe toutefois aucun calendrier pour ce retrait et le conditionne au désarmement vérifié du Hezbollah. Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, Israël attend que l'armée libanaise se déclare prête à prendre le contrôle des zones concernées, ainsi que le feu vert du Commandement central américain (CENTCOM), chargé de coordonner la mise en œuvre de l'accord.
Lors de cet échange, M. Aoun a également indiqué qu'il était « prêt à solliciter l'aide de l'ATFL pour contrer les voix aux États-Unis qui n'agissent pas dans l'intérêt du Liban », sans préciser à qui il faisait référence. Il a insisté sur « l'importance du déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble de la frontière » et réaffirmé la nécessité de faire pression sur Israël pour qu'il se retire des territoires occupés, « car la poursuite de l'occupation sape la légitimité de l'État, empêche le déploiement de l'armée et entrave les fondements d'une paix juste et durable », selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le président a averti que le maintien de l'armée libanaise au Liban-Sud ne servirait pas « les objectifs communs fixés par les États-Unis et le Liban en matière de restauration de la souveraineté, de l'indépendance et d'institutions fortes ». Il a estimé que le retrait israélien constituait « la clé de tout progrès réel, tangible et réaliste vers la paix au Liban et pour garantir la sécurité ainsi que la stabilité à la frontière sud du pays ».
Évoquant l'article 13 de l'accord-cadre, qui prévoit que l'État libanais s'abstiendra de poursuivre Israël devant des juridictions internationales pour des crimes de guerre, M. Aoun a assuré que cette suspension était « limitée à la durée des négociations » et « n'équivaut pas à une renonciation définitive » à ces recours.
Le chef de l'État a par ailleurs affirmé qu'« il n'y a pas de place pour une guerre civile au Liban » et que son retour « n'est pas envisageable, malgré les tentatives de certains d'attiser les divisions internes ».
Dans ce contexte, il a salué le rôle du président du Parlement, Nabih Berry, qu'il a crédité d'œuvrer à « favoriser l'apaisement et à mettre en garde contre les dangers de la discorde, tout en soutenant un cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes du Liban-Sud ». Les propos du président sur le rôle de M. Berry interviennent alors que ce dernier a à plusieurs reprises critiqué l’accord-cadre, estimant qu’il risquait de raviver des tensions internes.
De leur côté, les membres de l'ATFL ont salué les efforts du président pour « faire progresser le Liban et renforcer sa sécurité, sa stabilité et une paix durable ». Ils ont également assuré être prêts à mobiliser leurs réseaux et leurs contacts aux États-Unis « afin de soutenir sa vision d'un Liban pleinement souverain et de renforcer le rôle de l'armée et des institutions sécuritaires ».

