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Raï : « Nous espérons que les efforts déployés entre le Liban, les États-Unis et Israël porteront leurs fruits »

Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a mis en garde dimanche contre « la tentation de créer une armée au sein de l'armée, ou d'accorder à Israël la moindre concession en matière de sécurité ou de souveraineté ».

Raï : « Nous espérons que les efforts déployés entre le Liban, les États-Unis et Israël porteront leurs fruits »

Le patriarche maronite, Béchara Raï. Photo ANI

Le chef de l'Église maronite, le patriarche Béchara Raï, a salué dimanche l'accord-cadre signé à Washington fin juin entre le Liban et Israël sous les auspices américains, tout en appelant à éloigner le peuple libanais du « spectre de la guerre ».

« Nous accueillons avec espoir tout accord ou initiative qui mettra fin au cycle de violence et ouvrira la voie à la stabilité. Nous espérons que les efforts déployés ces derniers jours entre le Liban, les États-Unis et Israël porteront leurs fruits et conduiront à une paix qui préserve la dignité humaine, sauvegarde la souveraineté nationale et éloigne de notre peuple le spectre de la guerre », a déclaré Mgr Raï dans son homélie dominicale au siège patriarcal d'été de Dimane (Liban-Nord). « Le Liban ne doit pas être le prix d'un accord régional ou international, ni devenir une scène de conflits », a prévenu le prélat, qui a appelé à préserver « la coexistence, le dialogue et la paix ».

« De nombreuses voix à travers le monde ont réaffirmé l'importance du Liban et son rôle unique, insistant sur le fait que préserver un Liban libre, souverain et indépendant, c'est aussi préserver la présence chrétienne libre et active en Orient. Il ne s'agit pas d'une question qui concerne uniquement les chrétiens, mais bien la mission de tout le Liban, car cette nation a été et restera un espace de liberté, une oasis de coexistence et un modèle de dialogue interreligieux et interculturel », a-t-il ajouté.

Le Liban et Israël ont conclu, le 26 juin, un accord-cadre visant à mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et l'État hébreu, qui continue d'occuper une « zone tampon » de plus de 600 km2 au Liban-Sud, s'étendant jusqu'à dix kilomètres de profondeur. Le texte, qui prévoit aussi le retrait des troupes israéliennes de deux « zones pilotes » au Liban-Sud, a été salué par les opposants au Hezbollah et rejeté catégoriquement par le parti-milice chiite pro-iranien et le mouvement chiite Amal.

Kabalan appelle à un « partenariat complémentaire avec la résistance »

De son côté, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche du parti-milice, a mis en garde dimanche contre « la tentation de créer une armée au sein de l'armée, ou d'accorder à Israël la moindre concession en matière de sécurité ou de souveraineté, d'autant plus qu'il est sorti de cette guerre fatidique dans une position stratégiquement plus faible ». « Les États-Unis insistent pour déployer une force qui leur soit affiliée ou qui soit affiliée à l'OTAN dans le cadre du projet de sionisation du Liban, comme ils le font dans la bande de Gaza », a-t-il ajouté.

Lors des discussions tenues avant la signature de l'accord de Washington, Israël avait insisté pour que soient créées des unités spéciales au sein de l’armée libanaise chargées de coordonner leurs opérations avec les armées israélienne et américaine dans le cadre du désarmement. Beyrouth avait opposé un refus catégorique à ce projet.

« Le Liban n'est pas tenu de sacrifier sa sécurité ni ses ressources souveraines au profit des États-Unis et d'Israël. Un Liban souverain n'a besoin de rien de plus qu'un partenariat complémentaire avec la résistance », a estimé le mufti Kabalan. « Le pays traverse une crise politique majeure, et le pouvoir en place porte la responsabilité de cette atteinte à la souveraineté nationale », a encore déclaré le religieux. Il a par ailleurs appelé le pouvoir en place à « regagner la confiance des habitants du Liban-Sud et à déployer l'armée libanaise le long des frontières et non dans des zones d'expérimentation ou de nouveaux projets de colonisation sioniste », a-t-il dit.

Le chef de l'Église maronite, le patriarche Béchara Raï, a salué dimanche l'accord-cadre signé à Washington fin juin entre le Liban et Israël sous les auspices américains, tout en appelant à éloigner le peuple libanais du « spectre de la guerre ». « Nous accueillons avec espoir tout accord ou initiative qui mettra fin au cycle de violence et ouvrira la voie à la stabilité. Nous espérons que les efforts déployés ces derniers jours entre le Liban, les États-Unis et Israël porteront leurs fruits et conduiront à une paix qui préserve la dignité humaine, sauvegarde la souveraineté nationale et éloigne de notre peuple le spectre de la guerre », a déclaré Mgr Raï dans son homélie dominicale au siège patriarcal d'été de Dimane (Liban-Nord). « Le Liban ne doit pas être le prix d'un accord...