Des Iraniens passent en voiture devant un panneau d'affichage représentant le président américain Donald Trump et le détroit d'Ormuz, érigé sur la place Valiasr à Téhéran le 28 mai 2026. Photo AFP
Après deux jours de pourparlers à Doha sur leur protocole d'accord, Washington et Téhéran sont parvenus à un accord de principe concernant le déblocage d'une première tranche des avoirs iraniens gelés, qui s'élève à trois milliards de dollars.
Le président américain Donald Trump a évoqué mercredi de « très bonnes » réunions au Qatar, où représentants américains et iraniens ont mené des discussions indirectes et techniques via médiation qatarie et pakistanaise, après des échanges de frappes qui avaient menacé de briser la trêve.
Dans le cadre de l'application du texte signé le 17 juin, Washington a accepté de laisser Téhéran accéder à une partie de ses biens gelés ou visés par des sanctions. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé qu’une partie de ces avoirs seraient utilisés « pour acheter des biens dont Téhéran a besoin ». « Pendant les discussions avec des responsables qataris, dont la Banque centrale, plusieurs sujets liés à la dépense d'une partie des six premiers milliards de dollars (de fonds) ont été examinés », a précisé le ministre, selon l’agence de presse officielle Irna.
Pas de versement en espèces
Ces six milliards font référence à une partie des recettes pétrolières de l'Iran, transférées depuis la Corée du Sud vers des comptes d'accès restreint au Qatar, depuis 2023. La question des avoirs iraniens fait partie du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis conclu le 17 juin, qui prévoit que les fonds et actifs iraniens gelés ou soumis à restrictions seront pleinement rendus disponibles et utilisables dès la mise en œuvre de l'accord.
S'il n'existe pas de chiffres officiels concernant les avoirs iraniens gelés, les médias locaux ont estimé récemment que ce montant était de l'ordre de 100 à 123 milliards de dollars.
« Il y a eu un accord pour que sur la base des besoins manifestés par notre pays, les produits demandés soient acquis et mis à la disposition de l'Iran », a ajouté M. Gharibabadi, sans détailler les mécanismes. Ce dernier a également annoncé qu’un canal de communication allait être mis en place pour signaler et discuter des violations du protocole d’accord.
Le détroit d'Ormuz toujours en question
Selon le média Axios, ces trois milliards de dollars sur le point d'être débloqués dans ce premier versement ne seront pas transférés directement à l'Iran en espèces, mais serviront à financer l'achat de biens de première nécessité, dont une partie sera acquise auprès des États-Unis.
Le média américain a ajouté que les deux envoyés américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont par ailleurs tenté de faire comprendre à l'Iran que son exigence sur l’imposition de droits de douane sur le détroit d’Ormuz pourrait compromettre les chances de parvenir à un accord final avec les États-Unis.
Téhéran a affirmé à de multiples reprises sa volonté d’instaurer une taxe pour les navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, en violation du droit international qui prévoit la libre-circulation via les détroits naturels.
Le vice-président américain JD Vance avait évoqué un éventuel mécanisme de contrôle pour s'assurer que les avoirs iraniens ne financeraient pas le « terrorisme », laissant entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions, notamment des contrats agricoles avec les Etats-Unis.
Mais l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Genève, Ali Bahreini, avait affirmé le 23 juin que l'Iran était « le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués » et qu' »aucun autre pays ni aucune autre entité n'aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l'Iran ».



