Des pompiers et secouristes rue des Rosiers à Paris, après un attentat contre le restaurant Jo Goldenberg, le 9 août 1982. Photo Jacques Demarthon/AFP
Trois mois après son extradition vers la France pour y être jugé, le superviseur présumé de l'attentat antisémite de la rue des Rosiers en 1982 a saisi la cour d'appel pour contester son transfert et obtenir sa remise en liberté, ont indiqué mercredi des sources proches du dossier à l'AFP.
Mi-avril, 44 ans après cet attentat, le Palestinien Hicham Harb, 71 ans, avait été extradé vers la France, puis placé en détention provisoire dans l'attente d'un procès.
L'accusation considère qu'il a participé comme tireur et « chef » de commando à l'attaque du 9 août 1982, à la grenade et au pistolet mitrailleur, qui avait fait six morts et 22 blessés, dans le Marais.
Mercredi, sa défense a demandé à la cour d'appel de Paris d'annuler son extradition, estimant notamment qu'elle avait « un but politique » et de mettre fin à sa détention, a indiqué l'une des sources proches du dossier à l'AFP.
Hicham Harb, fonctionnaire à Ramallah en Cisjordanie, avait été arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, quelques jours avant la reconnaissance officielle de l'Etat de Palestine par Paris. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis 2015.
Sa défense estime que son extradition serait le fruit d'un « arrangement entre les autorités françaises et palestiniennes pour contourner la procédure », selon des éléments dont l'AFP a eu écho.
Sa remise « aux autorités françaises n'était en réalité qu'une des conditions convenues en échange de la reconnaissance de la Palestine comme Etat souverain », ajoute-t-elle.
Dans des réquisitions rendues début juin, et dont l'AFP a eu connaissance, le parquet général s'oppose à la remise en liberté d'Hicham Harb.
Le ministère public balaie les arguments de la défense, estimant qu'elle ne démontre pas le caractère « politique » de la procédure d'extradition, au regard de la gravité de l'une des pires attaques antisémites en France depuis la Seconde guerre mondiale.
Sollicitée par l'AFP, l'avocate d'Hicham Harb (Abed Adra de son vrai nom), Me Alice Becker, n'a pas souhaité commenter une procédure en cours, couverte par le secret de l'instruction.
Elle s'alarme cependant des conditions de détention et de l'état de santé de son client qui est « entre autres en rémission de deux cancers ».
« Placé à l'isolement à (la prison de) Fresnes, aucun examen n'a été réalisé depuis deux mois et son état physique et mental se dégrade de façon alarmante », a-t-elle souligné.

