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Dernières Infos - Négociations Liban-Israël

Berry : Les idées de Aoun et Salam sont différentes des miennes, mais nous sommes unis par les mêmes priorités


Berry : Les idées de Aoun et Salam sont différentes des miennes, mais nous sommes unis par les mêmes priorités

Le président du Parlement, Nabih Berry, dans son bureau à Aïn el-Tiné lors de la réception du diplomate français Stéphane Séjourné, le 28 avril 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le président du Parlement et chef du mouvement chiite Amal, Nabih Berry, a déclaré lundi au quotidien panarabe al-Chark al-Awsat que les « idées » du président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam sont « différentes » des siennes, tout en précisant être « en contact permanent » avec les deux pôles de l'exécutif.

À l'heure où le tandem chiite s'enorgueillit du cessez-le-feu précaire au Liban obtenu dimanche par Téhéran dans la foulée de ses négociations avec Washington, et à la veille de la reprise des pourparlers directs entre Beyrouth et Tel-Aviv, l'allié-clé du Hezbollah a précisé ne pas penser « qu’il y ait un problème (avec MM. Aoun et Salam), tant que nous sommes unis par les mêmes priorités ». Et M. Berry d'énumérer ces priorités », que l'État libanais met en avant dans ses négociations directes avec Israël : « le retrait d’Israël du Sud, le déploiement de l’armée libanaise, le retour des habitants dans leurs villes et villages, la libération des prisonniers, ainsi que l’élaboration d’un plan de reconstruction de ce qui a été détruit, avec un soutien arabe et international ».

Selon nos informations, le chef de la délégation iranienne aux négociations, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assuré à Nabih Berry que l’Iran, tout en travaillant à la consolidation du cessez-le-feu, poursuivait également ses efforts en vue du retrait israélien. Globalement observé depuis dimanche, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises mardi par l'armée israélienne, qui a tué au moins deux personnes à Nabatiyé el-Faouqa, et touché une voiture à Baraachit, dans le caza de Bint Jbeil.

« Nous espérons que le cessez-le-feu tiendra grâce à la pression américaine »

M. Berry s'est dit satisfait des « efforts qui ont conduit au cessez-le-feu, en espérant qu’il tienne ». « Cela dépend de la volonté d’Israël de s’y conformer, en contrepartie de l’engagement du Hezbollah, car il n’est pas acceptable de négocier sous la pression du feu », a-t-il poursuivi, ajoutant que c'est Israël qui avait « demandé » un cessez-le-feu, après les journées particulièrement sanglantes au Liban-Sud vendredi et samedi derniers. « Nous espérons que le cessez-le-feu tiendra grâce à la pression américaine, et nous saluons tout effort, quelle qu’en soit l’origine, visant à faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à sa guerre d’agression contre le Liban », a-t-il encore dit.

Le président du Parlement a également dit qu'il appréciait « l’accueil réservé par les Libanais, toutes composantes et tous partis confondus, à leurs frères déplacés qui ont été contraints de quitter leurs maisons à la suite de la destruction systématique de leurs villages par Israël ».

Il a aussi réaffirmé son rejet des « zones pilotes » au Liban-Sud, l'une des propositions issues des négociations entre Tel-Aviv et Beyrouth, pour garantir le retrait israélien, mais qui selon lui prendrait « deux ans, voire davantage » à délimiter, ce qui maintiendrait « le Sud sous le feu ». « La solution consiste à adopter un calendrier de retrait de chaque caza du Sud, en contrepartie du déploiement de l’armée », a-t-il dit.

M. Berry a affirmé que « le retrait d’Israël de tout caza – prenons par exemple celui de Tyr – doit aller de pair avec le déploiement de l’armée, afin de permettre le retour des déplacés dans leurs villages, à condition que ce retour soit limité aux habitants du caza concerné, et ainsi de suite ». Il a ajouté que « le retrait israélien de ce caza coïncidera avec son désarmement ». Et d'affirmer : « C’est l’engagement que j’ai pris au nom du Hezbollah : vider la zone au sud du Litani de toute arme, à condition qu’Israël respecte lui aussi cet engagement ».

Le dossier libanais semble avoir progressé dans les négociations irano-américaines, avant même d’avancer dans les pourparlers libano-israéliens menés sous parrainage américain. Les négociations menées à Washington, qui ont repris mardi après-midi, apparaissent désormais comme un prolongement du dialogue irano-américain, selon certains observateurs.

Le président du Parlement et chef du mouvement chiite Amal, Nabih Berry, a déclaré lundi au quotidien panarabe al-Chark al-Awsat que les « idées » du président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam sont « différentes » des siennes, tout en précisant être « en contact permanent » avec les deux pôles de l'exécutif. À l'heure où le tandem chiite s'enorgueillit du cessez-le-feu précaire au Liban obtenu dimanche par Téhéran dans la foulée de ses négociations avec Washington, et à la veille de la reprise des pourparlers directs entre Beyrouth et Tel-Aviv, l'allié-clé du Hezbollah a précisé ne pas penser « qu’il y ait un problème (avec MM. Aoun et Salam), tant que nous sommes unis par les mêmes priorités ». Et M. Berry d'énumérer ces priorités », que...