Rechercher
Rechercher

Politique - Communautés

Après les déclarations de Vance sur les chrétiens au Liban, Geagea l'enjoint de séparer le dossier libanais des négociations avec l'Iran

Le Hezbollah avait dénoncé des « propos provocateurs » du vice-président américain.

Après les déclarations de Vance sur les chrétiens au Liban, Geagea l'enjoint de séparer le dossier libanais des négociations avec l'Iran

Les décombres d'un bâtiment effondré à la suite d'un bombardement israélien, à Nabatiyé, dans le sud du Liban, le 21 juin 2026. Photo MAHMOUD ZAYYAT / AFP

Les propos inédits, samedi, du vice-président américain JD Vance concernant les chrétiens au Liban, ont fait réagir les deux extrémités de l'échiquier politique dans le pays. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a adressé lundi une lettre au responsable américain, le remerciant pour ses déclarations et l'enjoignant de séparer totalement le dossier libanais des négociations avec l'Iran, au lendemain de pourparlers en Suisse dans lesquels le front entre le Hezbollah et Israël a pris une place prépondérante. De son côté, le parti-milice a dénoncé des « propos provocateurs ».

Samedi, lors d’une interview à la télévision américaine, JD Vance avait adressé un message aux chrétiens libanais, assurant qu’ils ont « beaucoup d’amis au gouvernement américain qui veulent ramener la paix ». Il avait estimé que si ces chrétiens ont été attaqués lors du présent conflit avec Israël, c’est que des combattants du Hezbollah « se sont cachés parmi eux, provoquant une réponse de la part de l’armée israélienne ».

Dans un long texte, M. Geagea, qui se décrit comme le chef du « plus grand parti chrétien » au Liban, a dénoncé le fait que, pendant les 40 dernières années, le Hezbollah « a confisqué la décision nationale, affaibli les institutions et empêché l'émergence d'un Etat fort », ce qui a été empiré avec « l'implication du Liban dans des guerres liées à des agendas iraniens ». Face à ce constat, et au fait que, selon lui, les chrétiens et les Libanais restent « déterminés à restaurer leur Etat et la pleine souveraineté », il a estimé que « la plus grande contribution que les États-Unis puissent apporter au Liban à ce stade délicat consiste à soutenir l’État libanais et ses institutions légitimes en tant qu’unique référence nationale. » Ce qui peut être obtenu, selon Samir Geagea, en « limitant toute négociation ou approche du dossier libanais à l’État libanais seul, et à écarter définitivement l’Iran du dossier libanais. »

Le Liban a figuré comme point de négociation central sur la table des pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis, qui ont débuté dimanche en Suisse, et ont mené à la création d'un mécanisme de « déconfliction » pour le Liban, aux contours encore flous. Et ce, alors que les autorités libanaises ont lancé leur propre processus de négociations directes avec Israël —rejetées par le Hezbollah —, sous l'égide de Washington. Nombreux sont ceux qui ont estimé que l’inclusion du dossier libanais dans ces négociations régionales, a permis une récupération iranienne, du moins en apparence, de ce dossier. Le chef des FL a encore plaidé pour le soutien de Washington dans la récupération du monopole des armes aux mains de l'Etat, qui « ouvrirait la voie à la construction » d'un Etat « véritablement souverain, libre, fort et capable d’assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité à tous ses citoyens. »

Le Hezbollah dénonce des « propos provocateurs »

Dimanche, c'est le responsable du Hezbollah chargé des relations avec les instances et partis chrétiens, Mohammad Khansa, qui avait dénoncé, dans un communiqué « les propos provocateurs » de JD Vance, qui « montrent l’étendue de la mentalité raciste et sectaire dominante à la Maison-Blanche. » Pour M. Khansa, « faire assumer au Hezbollah la responsabilité des bombardements et de la violence israélienne contre ces chrétiens, sous prétexte d’auto-défense, est une tentative, par le sionisme chrétien, de donner à ce conflit des dimensions religieuses et sectaires odieuses, et de semer la discorde entre les fils d’un même pays ». Et d’ajouter : « Le Hezbollah est et restera attaché à la coexistence entre les différentes communautés. Ce modèle libanais est le contraire du projet américano-sioniste pour la région. »

L'escalade actuelle au Liban a commencé le 2 mars à la suite d'un tir de roquettes du Hezbollah contre Israël, dans la foulée de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran, son allié. Depuis, l’offensive de l’armée israélienne lui a permis d’occuper près de 6% du territoire libanais, sur une bande d'environ 10 kilomètres de profondeur le long de la frontière. Cette « zone tampon » inclut plusieurs villages chrétiens dont les habitants ont décidé de rester sur place, au milieu des attaques israéliennes et des combats avec le Hezbollah.

Les propos inédits, samedi, du vice-président américain JD Vance concernant les chrétiens au Liban, ont fait réagir les deux extrémités de l'échiquier politique dans le pays. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a adressé lundi une lettre au responsable américain, le remerciant pour ses déclarations et l'enjoignant de séparer totalement le dossier libanais des négociations avec l'Iran, au lendemain de pourparlers en Suisse dans lesquels le front entre le Hezbollah et Israël a pris une place prépondérante. De son côté, le parti-milice a dénoncé des « propos provocateurs ». Samedi, lors d’une interview à la télévision américaine, JD Vance avait adressé un message aux chrétiens libanais, assurant qu’ils ont « beaucoup d’amis au gouvernement américain qui veulent ramener la paix ». Il...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut