Des jeunes plongent dans le canal Saint Martin, à Paris, le 17 juin 2026. Photo JOEL SAGET / AFP
La canicule s'installe jeudi sur une large partie de la France, de Paris au centre-est, avec des températures s'approchant de plus en plus des 40°C. Alors que l'été ne commence que dimanche, le deuxième épisode de chaleur de cette année s'intensifie encore. Même dans la campagne bourguignonne, pourtant plus habituée aux brouillards hivernaux qu'aux canicules, le thermomètre n'est pas descendu sous les 20°C, jeudi à l'aube.
Vingt-six départements sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, du Bassin parisien à la Haute-Savoie, en passant par le Loiret, le Cher, le Rhône... Météo-France maintient cette vigilance jusqu'à vendredi minuit, pour un épisode caniculaire qui « devrait perdurer jusqu'à la semaine suivante », avec un pic dimanche ou lundi. « Les 40°C pourraient être atteints sur plusieurs régions de l'Ouest à la vallée du Rhône, voire en Ile-de-France » dimanche. La hausse des températures sera de plus favorisée par le solstice d'été qui surviendra alors, caractérisé par les journées les plus longues de l'année, donc avec plus d'heures d'ensoleillement. Mais dès ce jeudi, les 35 degrés seront « souvent atteints » dans le bassin parisien, la vallée de la Loire, le Grand-Est, l'Auvergne et la région lyonnaise. « On atteindra même les 38°C dans le sud-ouest et l'ouest de la Bourgogne », selon l'organisme.
La fournaise met particulièrement à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi. Le ministre de l'Education, Edouard Geffray, a annoncé mardi que les oraux du bac pourraient être reportés localement. Dimanche, il avait déjà affirmé souhaiter qu' »aucun examen » ne se déroule les après-midi.
« Logements bouilloires »
Une nouvelle fois, les maires se retrouvent face au dilemme : fermer les écoles au risque d'interrompre les enseignements, ou les maintenir ouvertes, parfois au détriment du bien-être des enfants. « A 40 degrés, je ferme les écoles », tranche le maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis. En juin 2025, en pleine canicule, 2.200 écoles étaient restées closes. « Ce n'est pas en disant qu'il faut faire le maximum pour garder les écoles ouvertes en buvant de l'eau régulièrement qu'on arrivera à passer les canicules », accuse Guillaume Perrin, spécialiste de la rénovation des bâtiments publics.
En 2023, Emmanuel Macron avait lancé un plan visant à rénover 40.000 écoles d'ici 2034, notamment grâce au « fonds vert ». Face aux fortes chaleurs, les autorités y vont chacune de leur parade, tant bien que mal. Paris a autorisé la baignade dans une portion du canal Saint-Martin, dans l'est de la capitale, pour en faire un « véritable outil de rafraîchissement ». « Profitez-en, et faites attention à vous avec la chaleur », a lancé le maire PS, Emmanuel Grégoire, dans un message sur X montrant des foules en maillot de bain plongeant à la recherche d'un peu de fraîcheur.
Mais à Lyon, la police a rappelé sur son compte X le message national selon lequel « les fortes chaleurs ne vous autorisent pas à ouvrir ou détériorer les bouches d'incendie ». « Ceci n'est pas une douche », souligne la police sous une image de célèbres bouches rouge vif. En Indre-et-Loire, le préfet a autorisé les entreprises du BTP à commencer leurs travaux dès 6H00 le matin (contre 07H00 en temps normal).
Sur les rails, la SNCF a supprimé plusieurs trains Intercités prévus jeudi et vendredi, en prévision de pannes potentielles de climatisation. Tout le monde n'est cependant pas à la même enseigne dans la lutte contre la canicule, estime la Fondation pour le logement des défavorisés. Dans un rapport publié jeudi, elle rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des « logements bouilloires ».
C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois. La France subit « des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique », souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.


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