Des soldats israéliens surveillent une visite hebdomadaire de colons à Hébron, en Cisjordanie occupée, le 13 juin 2026. REUTERS/Mussa Qawasma
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti mercredi que des groupes de colons israéliens pourraient être ajoutés à une liste noire mondiale pour violations envers les enfants, alors qu’il a exprimé sa vive inquiétude face à une hausse « sidérante » des violations commises contre les enfants palestiniens.
Le rapport annuel de l’ONU sur les enfants et les conflits armés a recensé 38 558 « violations graves » dans le monde en 2025, affectant 24 174 enfants, ce dernier chiffre constituant un record depuis la création du mandat CAAC en 1996. Les données font état de 14 224 enfants tués ou mutilés, avec une augmentation de 34 % du nombre de morts par rapport à 2024, soit 6 266 tués. Le rapport précise que l’Organisation des Nations unies a confirmé la mort de 2 668 enfants palestiniens à Gaza et de 57 en Cisjordanie.
La guerre de Gaza a débuté le 7 octobre 2023, lorsque des combattants menés par le Hamas ont attaqué le sud d’Israël, tuant environ 1 200 personnes selon les chiffres israéliens. Israël a réagi par une vaste offensive militaire qui a depuis causé la mort de dizaines de milliers de Palestiniens.
« Les pays où le niveau de violations était le plus élevé en 2025 sont les Territoires palestiniens occupés et Israël, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Myanmar et la Somalie », a déclaré un haut responsable onusien lors d’un briefing sur le rapport.
Les colons au centre de l'attention
Israël figure déjà dans les annexes dites de la « liste de la honte » du rapport pour des violations présumées, mais la version la plus récente met pour la première fois l’accent sur les colons en tant que potentielle inscription future. « Je suis consterné par l’ampleur des violations graves dont sont victimes les enfants dans les Territoires palestiniens occupés et en Israël, notamment par l’utilisation généralisée d’armes explosives dans des zones peuplées », écrit Antonio Guterres dans le rapport.
« Je suis profondément alarmé par l’augmentation vertigineuse des attaques menées par des colons israéliens, se traduisant par de graves violations contre les enfants palestiniens », ajoute secrétaire général de l’ONU. Il a affirmé que les groupes de colons israéliens devraient être inscrits sur la liste si le nombre élevé de violations se répétait en 2026.
Le rapport indique que 9 465 violations graves sont attribuées aux forces israéliennes et 326 aux colons israéliens. Le rapport définit les violations graves, notamment, comme le meurtre et la mutilation d’enfants, le viol et d’autres formes de violence sexuelle, ainsi que les attaques contre des écoles et des hôpitaux. La mission israélienne auprès de l’ONU n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le Hamas reste sur la liste noire
Le rapport continue de mentionner l’aile militaire du Hamas et les factions affiliées pour le meurtre et les mutilations d’enfants ainsi que les enlèvements, leur attribuant 2 806 violations. Ce nouveau rapport intervient quelques semaines après que M. Guterres a mis Israël en colère en l’ajoutant à une liste noire distincte de l’ONU, portant sur des pays et parties soupçonnés de commettre des violences sexuelles en zone de conflit, une décision qui a amené le ministère israélien des Affaires étrangères à annoncer la rupture de tout lien avec lui.
Antonio Guterres a déclaré être préoccupé par le nombre élevé d’enfants détenus par Israël et par des signalements de violences physiques graves et de mauvaises conditions de détention, précisant que ces faits « pourraient constituer des traitements ou des peines inhumains ou dégradants ».
Être inscrit sur la liste noire ne déclenche pas automatiquement des sanctions, mais nuit à la réputation des entités concernées et impose la négociation de plans d’action pour pouvoir être radiées.

