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Économie - Aviation Au Liban

Qleyaat prêt au décollage : la première pierre posée, les premiers vols « dans 90 jours »

Nawaf Salam et Fayez Rassamny ont atterri à l'aéroport René Moawad pour inaugurer les travaux d'un projet très attendu au Akkar, qui pourrait accueillir quelque 100 000 visiteurs dès la première année.

Qleyaat prêt au décollage : la première pierre posée, les premiers vols « dans 90 jours »

Le Premier ministre Nawaf Salam, le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rasamny et la ministre du Tourisme Laura Lahoud coupent un gâteau lors de la cérémonie d’inauguration des travaux de l’aéroport René Moawad de Qleiaat, au Akkar, le 6 juin 2026. Photo Michel Hallak / L'Orient-Le Jour

Après des décennies d’attente, l’aéroport René Moawad de Qleyaat avait samedi des airs de grand jour. Responsables politiques, notables du Liban-Nord, journalistes et VIP, tous se pressaient le matin pour assister au coup d'envoi par le ministère des Travaux publics et des Transports de la phase de développement et d’exploitation de ce qui devrait devenir le deuxième aéroport civil du Liban.

À l’intérieur du bâtiment, l’ambiance est festive et pleine d’espoir. Discours, troupe de zaffé, dabké, musique, découpe du gâteau, cocktail et petits feux d’artifice ont accompagné le lancement de ce projet dans l’une des régions les plus négligées et les plus pauvres du pays — une lueur dans une période sombre pour le Liban, alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël se poursuit dans le Sud.

Le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rassamny sont arrivés en avion, après un atterrissage symbolique et un accueil en grande pompe destiné à marquer le retour de l’activité aérienne civile sur le site, au terme de plus de trois décennies de quasi-inactivité. L’aéroport de Qleyaat, une ancienne base militaire, avait brièvement accueilli des vols civils, mais il est resté largement inutilisé depuis les années 1990. Il porte le nom de l’ancien président René Moawad.

Organisée par le ministère, la cérémonie a marqué la pose de la première pierre, gravée aux noms de MM. Salam et Rassamny. L’aéroport sera pris en charge par Sky Lounge Services, qui a remporté en mai l’appel d’offres pour relancer et réhabiliter l’infrastructure.

L'avion à bord duquel le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rasamny sont arrivés à l’aéroport René Moawad de Qleiaat, au Akkar, le 6 juin 2026. Photo Stéphanie Bechara / L'Orient-Le Jour
L'avion à bord duquel le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Travaux publics et des Transports Fayez Rasamny sont arrivés à l’aéroport René Moawad de Qleiaat, au Akkar, le 6 juin 2026. Photo Stéphanie Bechara / L'Orient-Le Jour

Premiers travaux à achever en 90 jours

« Ce projet n’est pas seulement important pour le Akkar, mais pour tout le Liban », a déclaré le ministre Rassamny à L’Orient-Le Jour en marge de la cérémonie. « C’est un projet économique qui commence par l’aéroport, mais qui sera suivi par de nombreuses activités connexes : emplois, hôtels, fret et tous les liens entre la région et ses environs. » Il a précisé que le premier vol « devrait avoir lieu dans 90 jours ».

Le président de Sky Lounge Ziad Mounla, nous a affirmé pour sa part que les travaux de réhabilitation devraient commencer le 8 juin. Un nouveau terminal est également prévu, a-t-il ajouté, l’aéroport ne disposant actuellement que d’un terminal « vieux et petit ».

La première phase d’exploitation devrait se concentrer sur des vols vers Mersin, Istanbul et Dubaï, tandis que d’autres destinations, dont Médine, Le Caire et Athènes sont à l’étude. Le ministère cherche aussi à attirer des compagnies à bas coût telles que AJet, Pegasus et Air Arabia, et étudie de possibles partenariats avec des compagnies européennes, notamment Ryanair via Paphos et Aegean via Athènes.

Mohammad Aziz, chef de l’autorité libanaise de régulation de l’aviation civile, a confié à notre journal qu’aucun accord n’avait encore été signé avec des compagnies aériennes, dans l’attente d’une évaluation plus précise de la pleine capacité de l’aéroport après sa réhabilitation. Mais IBEX, une compagnie libanaise de vols charters, cherche à devenir un transporteur régulier et à opérer des vols depuis Qleyaat, a-t-il laissé entendre. Il a estimé que l’aéroport pourrait accueillir environ 100 000 visiteurs dès sa première année, puis jusqu’à quelque 600 000 d’ici la quatrième année.

Situé à environ 26 kilomètres de Tripoli et à près de six kilomètres de la frontière libano-syrienne, Qleyaat pourrait aussi desservir certaines parties du littoral syrien. M. Aziz a fait savoir que les responsables libanais discutaient avec la partie syrienne de moyens permettant à l’aéroport de fonctionner selon un modèle similaire à celui de l’aéroport de Genève, où des accès desservent à la fois la Suisse et la France.

La vision plus large du ministère est de transformer Qleyaat en une plateforme économique et logistique intégrée, avec des activités de fret aérien, un village spécialisé dans le transport de marchandises et de possibles connexions avec le port de Tripoli, la Zone économique spéciale de la grande ville du Liban-Nord et la Foire internationale Rachid Karamé. Le ministère travaille également à relier l’aéroport aux lignes de transport aérien à Beyrouth, tout en réhabilitant la route d’environ quatre kilomètres reliant l’autoroute internationale Abdé-Arida à l’entrée de l’aéroport – un axe encore étroit et insuffisamment aménagé pour absorber un trafic important.

« Le Akkar a trop attendu »

Pour les habitants, le projet a ravivé l’espoir que la région puisse enfin être placée sur la carte économique du Liban. « Ce projet est très positif. Nous avons attendu longtemps et vécu beaucoup de pauvreté et de privations », a déclaré à L’OLJ Rifaat Danhache, membre du conseil municipal de la localité de Qleyaat. « Il remet le Akkar sur la carte du développement et de la croissance économique. Il apporte de l’espoir à nos familles et aux générations futures. »

Bakr Mohammad Cheikh, un habitant du Akkar qui vit à cinq minutes de l’aéroport et travaille comme agriculteur pour une entreprise locale, exprime l'espoir que l’aéroport fonctionnera « sérieusement », afin que les habitants puissent « en tirer des bénéfices économiques. »

Une habitante qui a requis l'anonymat a adopté un ton plus ironique, affirmant qu’elle espérait que le projet sera l’occasion pour elle « de quitter le pays ».

Après des décennies d’attente, l’aéroport René Moawad de Qleyaat avait samedi des airs de grand jour. Responsables politiques, notables du Liban-Nord, journalistes et VIP, tous se pressaient le matin pour assister au coup d'envoi par le ministère des Travaux publics et des Transports de la phase de développement et d’exploitation de ce qui devrait devenir le deuxième aéroport civil du Liban.À l’intérieur du bâtiment, l’ambiance est festive et pleine d’espoir. Discours, troupe de zaffé, dabké, musique, découpe du gâteau, cocktail et petits feux d’artifice ont accompagné le lancement de ce projet dans l’une des régions les plus négligées et les plus pauvres du pays — une lueur dans une période sombre pour le Liban, alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël se poursuit dans le Sud.Le Premier...
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