Bernadette Chirac, l'épouse de l'ancien président français Jacques Chirac, quittant la cérémonie d'obsèques de la députée socialiste de la Corrèze, Sophie Dessus, en 2016. Photo GEORGES GOBET / AFP
Bernadette Chirac, veuve de l'ancien président français Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l'âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l'AFP sa fille Claude Chirac. Mme Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, « s'est éteinte dans la soirée, paisiblement, entourée des siens. Elle venait d'avoir 93 ans », le 18 mai, a déclaré sa fille. Jacques Chirac est décédé en 2019 à l'âge de 86 ans.
Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze (sud-ouest), département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.
Epouse pendant plus de 60 ans de Jacques Chirac, restée longtemps dans l’ombre du « grand », elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Elysée (ministre, Premier ministre, maire de Paris, ) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai.
Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du très chic XVIe arrondissement de la capitale. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle rencontre Jacques Chirac, qu'elle épouse en 1956.
Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de Jacques Chirac, elle est d’abord reléguée au second plan. Avant de jouer un rôle essentiel dans la réélection de son mari en 2002, devenue très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, et la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives.
D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de « Bernie » avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Elysée d'alors Dominique de Villepin, appelé « Néron » en petit comité.
Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national (extrême droite) Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002. « Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble ! », disait d’elle Jacques Chirac dans ses « Mémoires ».


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