Deux personne marchent dans une ruelle du quartier chrétien de Tyr, au Liban-Sud, le 1er juin 2026. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Les affirmations de l’armée israélienne selon lesquelles des dizaines de combattants du Hezbollah se cacheraient dans le quartier chrétien de Tyr ont provoqué mardi soir un mouvement de panique dans la principale ville du Liban-Sud. Après la diffusion de ce message, qui appelait les habitants à exiger l’expulsion de ces combattants sous peine d’une action militaire, les services de renseignement de l’armée libanaise ont dépêché des patrouilles sur les lieux, accompagnées de représentants municipaux, afin de vérifier l’absence de toute présence armée dans le secteur, rapporte notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
Cet épisode intervient alors que des négociations entre le Liban et Israël se tiennent mardi et mercredi à Washington sous l’égide des États-Unis.
En début de soirée, l’armée israélienne a affirmé avoir récemment « détecté des activités de dizaines d’éléments affiliés au Hezbollah à l’intérieur du quartier chrétien » de Tyr. « Ce n’est pas la première fois que nous révélons des activités du Hezbollah à partir de zones chrétiennes, en raison de sa conviction que ces zones lui offrent un refuge plus sûr », a écrit sur X la porte-parole arabophone de l’armée israélienne Ella Waweya. Le message souligne que les avis d’évacuation adressés ces derniers jours à certains quartiers de Tyr n’incluaient pas le quartier chrétien. L’armée israélienne a appelé « les membres de la communauté chrétienne de Tyr à exiger l’expulsion des saboteurs » du Hezbollah de leurs quartiers, tout en avertissant les combattants du mouvement qu’ils n’y étaient « pas en sécurité ». « Si vous continuez à rester et à opérer dans cette zone, l’armée israélienne diffusera des ordres d’évacuation pour le quartier chrétien et prendra les mesures nécessaires contre vous », conclut le texte.
Peu après la publication de cet avertissement, les services de renseignement de l’armée libanaise, accompagnés de responsables municipaux, ont effectué des opérations de reconnaissance et de vérification dans le quartier concerné afin de s’assurer qu’aucun élément armé ne s’y était infiltré.
Selon plusieurs habitants interrogés par L’Orient-Le Jour, l’annonce israélienne a suscité une vive inquiétude. Certains ont décrit une atmosphère particulièrement tendue, tandis que plusieurs familles auraient quitté le quartier pour rejoindre Saïda, Beyrouth ou d’autres régions jugées plus sûres.
Des résidents ont toutefois affirmé ne pas croire à la présence de combattants du Hezbollah dans ce secteur. Ils soulignent qu’il s’agit d’un quartier relativement restreint, où les habitants se connaissent bien et où la présence d’étrangers ou de personnes suspectes serait rapidement remarquée. Ils disent néanmoins attendre les conclusions des vérifications opérées par l’armée libanaise avant de tirer des conclusions.
Les bombardements israéliens se concentrent sur la ville de Tyr depuis quelques jours. Dans la nuit de dimanche à lundi, les bombardements ont atteint la périphérie de l’hôpital Jabal Amel faisant 8 morts pour cette seule frappe. La ville dont de nombreux immeubles sont complètement rasés ne compte plus que 5 000 habitants sur les 60 000 qu'elle compte habituellement, selon notre correspondant. A ceux-là s'ajoutent des déplacés estimés à quelque 15 000 qui ont été hébergés dans des centres d'accueil dans la ville ou dans sa périphérie.

