Le navire Al Kharaitiyat, dont les données indiquent qu’il naviguait en direction du détroit d’Ormuz le samedi 9 mai 2026, après avoir quitté Ras Laffan au Qatar à destination de Port Qasim au Pakistan, selon cette image obtenue via les réseaux sociaux. Photo Reuters
Une délégation iranienne de haut niveau, incluant le négociateur en chef et le gouverneur de la Banque centrale, sont au Qatar lundi pour des discussions sur les efforts de règlement du conflit au Moyen-Orient et les avoirs iraniens dont Téhéran demande le déblocage aux Etats-Unis.
« Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sont arrivés à Doha plus tôt dans la journée pour des discussions sur les efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin au conflit », a affirmé à l'AFP une source proche des négociations, sous couvert d'anonymat.
La visite est axée « sur les sujets liés au détroit (d'Ormuz NDLR) et à l'uranium hautement enrichi. Le gouverneur de la Banque centrale fait partie de la délégation pour discuter de la question des fonds gelés, qui est abordée dans le protocole d'accord dans le cadre d'un éventuel accord final » entre Washington et Téhéran, a-t-elle ajouté.
Cette visite s'inscrit dans le cadre du « processus diplomatique » mené par le Pakistan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a affirmé pour sa part l'agence de presse officielle iranienne, Irna.
En 2023, le Qatar avait joué le rôle de médiateur entre l'Iran et les Etats-Unis dans un accord d'échange de prisonniers, qui prévoyaient également le déblocage de six milliards de dollars de fonds iraniens gelés en Corée du Sud. La somme avait alors été transférée vers un compte spécial au Qatar, mais n'a finalement jamais été remise à Téhéran, après l'attaque en Israël, le 7 octobre, du mouvement islamiste palestinien Hamas, allié de Téhéran.
Selon une « source informée » citée par l'agence iranienne Tasnim, la question des avoirs iraniens gelés en raison des sanctions américaines est l'un des points de contentieux dans les négociations actuelles. La République islamique réclame le dégel d'une partie de ces actifs dès la première étape d'un accord de règlement, et l'établissement d'un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, selon cette même source.
L'Iran a fait état lundi de progrès dans les négociations, tout en écartant la perspective d'un accord imminent. Le président américain Donald Trump a lui aussi tempéré les espoirs d'une conclusion rapide en affirmant qu'un éventuel accord avec l'Iran devrait être « excellent et significatif », sans quoi il n'y aurait « pas d'accord ».
Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu dans les pays du Golfe et une grande partie du Moyen-Orient.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.


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