Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam à Baabda le 14 mai 2026. Photo diffusée sur le compte X de la présidence libanaise
S’exprimant à l’occasion de l’anniversaire du retrait israélien du Liban-Sud, le 25 mai 2000, le président Joseph Aoun a défendu lundi sa décision de négocier avec Israël et affirmé que son exigence d’un retrait total israélien du sud du Liban n’était « pas négociable », alors que des pourparlers entre les deux pays doivent reprendre cette semaine à Washington. Le Premier ministre Nawaf Salam a, lui, considéré que le Liban ne pourra réellement célébrer ce jour que lorsque l’armée israélienne aura à nouveau quitté le Liban-Sud qu’elle occupe de nouveau, tandis que le président du Parlement, Nabih Berry, a appelé à renforcer la paix civile.
Alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah a repris le 2 mars dans le sillage de celle déclenchée par les État-Unis et l'État hébreu contre l'Iran, Israël bombarde massivement le Liban-Sud et la Békaa, avec un bilan qui a déjà dépassé les 3100 morts et une facture qui se calcule en dizaines de milliards de dollars.
Joseph Aoun a été le premier à s'exprimer. « En ce jour de l’an 2000, le Sud a écrit une épopée sans précédent lorsque l’occupation israélienne s’est retirée à la suite de la résilience des habitants de cette terre et de leurs sacrifices. Le 25 mai est ainsi devenu un jour de dignité nationale partagée », a déclaré le chef de l'État selon un communiqué relayé sur le compte X de la présidence. « Mais l’anniversaire de la libération intervient cette année alors que le Liban est accablé par une réalité douloureuse : les agressions israéliennes n’ont pas cessé, et de précieuses localités du Sud souffrent encore sous une occupation renouvelée, en violation flagrante de toutes les résolutions internationales, notamment la résolution 1701 (qui a mis fin à la guerre de 2006, sans être appliquée, Ndlr). Le Liban n’acceptera pas cette réalité et ne s’y résoudra pas », a-t-il ajouté.
Désarmement du Hezbollah
« Le Liban n’acceptera pas cette réalité et ne s’y résoudra pas. Le chemin vers un retrait israélien complet restera une revendication nationale constante et non négociable, que l’État libanais s’efforce d’atteindre à travers l’option du dialogue, qui ne sera ni une concession ni une reddition, mais une affirmation du droit exclusif du Liban à protéger son territoire et sa souveraineté et à exercer son autorité à travers son armée et ses forces de sécurité légitimes, avec le soutien de son peuple uni autour de son État, qui a pris des décisions historiques dans ce sens exprimant une volonté nationale essentielle de restaurer la pleine souveraineté » a développé le chef de l'État, assurant que l’armée restera la seule garante de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale. »
Un message adressé au Hezbollah et à son secrétaire général Naïm Kassem qui a rejeté dimanche tout scénario dans lequel le parti-milice remettrait son armement lourd à l'armée libanaise comme le gouvernement le lui ordonne.
« Ceux qui ont libéré le Sud par leur sang, militaires et résistants, comme tous les Libanais, méritent un État fort et cohérent dans la légitimité de ses institutions civiles et militaires, et juste dans ses lois sans discrimination, uni par la volonté de son peuple et sa solidarité » a poursuivi Joseph Aoun.
« Le plus grand hommage à la mémoire de la libération est de bâtir un État qui soit le refuge de tous les Libanais, où la souveraineté est un dépôt confié à chaque citoyen, car le Liban nous appartient à tous, et la libération du Sud est un devoir que l’État assume avec le soutien de ses enfants, car elle reste en définitive un choix sans alternative », a-t-il conclu.
Plus succinct, Nawaf Salam a pour sa part publié une brève déclaration sur son compte X. « Faisons de l’occasion de la 'fête de la Résistance et de la Libération' cette année une journée de solidarité avec les familles des martyrs, les blessés, les prisonniers et les déplacés, ainsi qu’avec notre peuple résilient dans le Sud et dans les villages de première ligne. Quant à la fête, nous ne la retrouverons que le jour du retrait complet d’Israël de notre terre et du retour de nos habitants vers celle-ci dans la sécurité et la dignité », a-t-il ainsi déclaré.
Enfin, Nabih Berry a souligné que la « fête de la Résistance et de la Libération » se déroule juste avant la fête de l'Adha et juste après l’annonce faite par le Vatican de la reconnaissance d’un miracle attribué à l’intercession du patriarche Hoyek, et a appelé les Libanais à faire de cette occasion une étape d’inspiration pour le vivre-ensemble et l’unité, à se libérer des discours de haine, à cesser de « danser sur le sang », à ne pas raviver les blessures, et surtout à être prêts au sacrifice et à la fermeté pour défendre la terre, la souveraineté et les frontières.
Le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, ont entamé en avril des négociations sous l'égide des États-Unis. Une nouvelle session est prévue à Washington les 2 et 3 juin, précédée d'une réunion de représentants militaires des deux pays au Pentagone le 29 mai. Une nouvelle session est prévue à Washington les 2 et 3 juin, précédée d'une réunion de représentants militaires des deux pays au Pentagone le 29 mai.
Malgré le cessez-le-feu en cours depuis le 17 avril, l’armée israélienne bombarde tous les jours le Liban en accusant le Hezbollah de violer cettte trève. Le mouvement chiite revendique quant à lui des opérations quotidiennes contre des soldats israéliens qui occupent le territoire libanais.



Ils hallucinent tous les trois!
06 h 10, le 28 mai 2026