Le patriarche maronite Bécharra Raï. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a abordé dimanche la question de l’amnistie générale débattue actuellement au Parlement, plaidant pour que soient inclus les Libanais installés en Israël depuis le retrait de l’État hébreu du Liban en 2000.
« Le projet de loi sur l’amnistie générale doit comprendre les personnes citées dans l’article 6 de la loi 194 datant de 2011 », a-t-il dit au cours de son homélie durant la messe qu'il célébrait en l'église Notre-Dame au siège du patriarcat à Bkerké. Il a ajouté : « Cette loi n’a jamais été appliquée du fait que les décrets d’application n’ont pas été émis, et le traitement de la question des Libanais réfugiés en Israël n’a pas été possible. »
Au lendemain du retrait israélien du Liban-Sud en 2000, nombre de Libanais ayant coopéré d’une façon ou d’une autre, souvent par nécessité, avec des Israéliens, ou qui étaient membres de l’Armée du Liban-Sud (milice affiliée à Israël), ont préféré se réfugier en territoire israélien de peur de représailles. Leur inclusion dans la loi d’amnistie générale est surtout portée par les partis chrétiens, comme les Forces libanaises, bien que ces personnes ne soient pas toutes de confession chrétienne.
Le projet de loi sur l’amnistie générale a suscité des débats houleux en commission parlementaire mercredi dernier, en raison des revendications des différentes communautés pour l’inclusion de telle ou telle catégorie de détenus dans les prisons libanaises. A l’origine, ce projet de loi vise à faire justice à certains détenus, pour beaucoup sans jugement, qui se sont retrouvés en prison dans un contexte politique totalement différent d’hégémonie syrienne ou du Hezbollah. Mais le texte comporte beaucoup d’exceptions, et c’est ce qui alimente le débat au Parlement.
Réunion à Baabda
Ce dossier a figuré au menu d'une réunion présidée dimanche par le président Joesph Aoun au palais de Baabda. Étaient présents, outre le ministre de la Défense Michel Menassa, les députés Achraf Rifi, Salim Sayegh, Michel Moawad, Ahmad el-Kheir, Bilal Abdallah, Waddah Sadek, Firas Hamdan et Ghada Ayoub (indépendants, Forces libanaises et Kataëb). Au cours de cette réunion, les discussions ont porté aussi sur la possibilité de réduire à titre exceptionnel la durée de certaines peines.


