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Des sénateurs américains interpellent le Centcom sur les déplacements forcés de population au Liban et en Iran

Le soutien militaire américain à Israël « contrevient probablement aux lois internationales que les États-Unis ont contribué à élaborer », dénonce un courriel adressé à l'armée américaine.

Des sénateurs américains interpellent le Centcom sur les déplacements forcés de population au Liban et en Iran

Des déplacés libanais retournant vers le Liban-Sud à la suite de la trêve du 17 avril 2026 au Liban, sur l'autoroute en direction de Saïda. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Un groupe de 12 sénateurs démocrates a adressé une lettre au Commandement central américain (Centcom) pour le questionner sur la coordination entre Israël et les États-Unis dans la mise en place des vastes « zones d’évacuation » au Liban et en Iran, donnant lieu à d'importants déplacements forcés accusés de constituer de graves violations du droit international humanitaire.

Dans une lettre datée du 4 mai adressée au chef du Centcom, dont l'agence américaine Associated Press (AP) a eu connaissance, ces élus américains ont pointé le fait que ces avertissements généralisés englobant des centaines de kilomètres carrés « ont servi à déplacer durablement des populations et à détruire des maisons et des villes », ajoutant que certains civils ayant refusé de quitter leur domicile dans ces zones ont été tués dans des frappes ultérieures.

« Zones de mort »

Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, qui a rapidement gagné le Liban avec l'entrée en guerre du Hezbollah le 2 mars, l’armée israélienne publie régulièrement des avertissements assortis de cartes couvrant de larges portions des territoires libanais et iraniens, sommant l'ensemble des populations civiles de fuir ces zones. Ces pratiques, qui ont fait plus d'1,2 million de déplacés au Liban depuis le 2 mars selon l'ONU, avaient déjà été largement employées par Israël lors de son offensive contre la bande de Gaza, où la conduite des hostilités menée par l'armée israélienne est accusée d'être constitutive d'un génocide selon de nombreux experts de la question, dont une commission mandatée par l'ONU.

Ces 12 élus menés par le sénateur du Vermont, Peter Welch, estiment que la pratique israélienne consistant à déclarer unilatéralement des avertissements d’évacuation massifs au Liban et en Iran « contrevient probablement aux lois internationales que les États-Unis ont contribué à élaborer en matière de guerre humanitaire ». Parmi les autres signataires figurent Bernie Sanders, le 2e sénateur du Vermont, un indépendant allié aux démocrates, Elizabeth Warren, du Massachusetts, ou encore Tammy Baldwin, du Wisconsin.

Le courriel demande en outre au chef du Centcom dans quelle mesure les forces américaines ont apporté leur soutien et leur coordination à Israël dans l'établissement des cibles militaires en Iran ou au Liban et la conduite des bombardements, ou encore si elles ont fourni une assistance ou des renseignements ayant aidé l’armée israélienne à imposer ces zones d’évacuation, qui s'étendaient sur plus de 1 600 km² au Liban.

Les sénateurs estiment aussi que l'établissement de telles zones, qualifiées de « zones de mort », ne dispense pas les forces israéliennes et américaines « de leur responsabilité juridique absolue de vérifier que chaque personne ou installation civile visée par des drones, avions ou tirs est effectivement une cible militaire ». Ils affirment également que l’usage de ces zones a été associé à « la mort de milliers de civils ». Au Liban, au moins 2 727 personnes ont été tuées depuis le 2 mars par ces attaques israéliennes, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, tandis que les autorités iraniennes font état de plus de 3 000 morts dans les frappes américano-israéliennes depuis le 28 février.

« Tournant » au sein du Parti démocrate

Israël affirme que ces ordres d’évacuation forcés visent à « maintenir les civils hors des zones dangereuses (...) où opère le Hezbollah », qui dispose de tunnels et de caches d'armes dans un certain nombre de villages du Liban-Sud. Mais selon des experts du droit international, les avertissements israéliens sont incohérents, souvent excessivement larges et imprécis, et sont parfois diffusés avec un très court préavis ou au milieu de la nuit. Dans certains cas, certains ordres d'évacuation ne sont suivis d’aucune frappe, tandis que dans d’autres, ces frappes touchent des zones résidentielles sans aucun avertissement préalable.

La lettre a été envoyée trois semaines après le lancement d'une initiative du sénateur Bernie Sanders, soutenu par une trentaine d'élus, visant à bloquer des ventes d’armes à Israël, signe d’un mécontentement croissant au sein du parti envers le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les guerres à Gaza, au Liban et en Iran. Deux résolutions visant à empêcher la vente américaine de bulldozers et de bombes à Israël ont toutefois été rejetées à cette occasion, puisque tous les élus républicains s’y étaient opposés, par 40 voix contre 59 et 36 contre 63.

Un groupe de 12 sénateurs démocrates a adressé une lettre au Commandement central américain (Centcom) pour le questionner sur la coordination entre Israël et les États-Unis dans la mise en place des vastes « zones d’évacuation » au Liban et en Iran, donnant lieu à d'importants déplacements forcés accusés de constituer de graves violations du droit international humanitaire.Dans une lettre datée du 4 mai adressée au chef du Centcom, dont l'agence américaine Associated Press (AP) a eu connaissance, ces élus américains ont pointé le fait que ces avertissements généralisés englobant des centaines de kilomètres carrés « ont servi à déplacer durablement des populations et à détruire des maisons et des villes », ajoutant que certains civils ayant refusé de quitter leur domicile dans ces zones ont été...