Un homme regardant les décombres d'une frappe israélienne sur Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 7 mai 2026. Photo REUTERS/Mohamad Azakir
L'armée israélienne a revendiqué, dans un communiqué jeudi, la frappe qui a visé mercredi soir la banlieue sud de Beyrouth, et qui aurait éliminé le « commandant » de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, selon des affirmations de l'armée israélienne. Outre cet assassinat, qui a également été confirmé par une source proche du Hezbollah citée par l'AFP, aucun bilan humain officiel n'est disponible.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la frappe a été menée par un navire de guerre à 20h07 et a visé un appartement à Haret Hreik, alors que l'agence indiquait au départ, mercredi, que l'appartement visé se trouvait dans le quartier de Ghobeyri. Le navire a tiré trois missiles sur un appartement situé au 4e étage d'un immeuble, près du lycée Mohammad Koeik. Le déblaiement des décombres s'est finalisé jeudi matin, mais ni le ministère de la Santé, ni la Défense civile n'ont jusqu'à présent fourni de bilan, et ils n'étaient pas immédiatement disponibles pour fournir des informations sur le nombre de victimes.
La seule victime dont l'identité a été révélée est la cible de ce bombardement, « Ahmad Ghaleb Ballout, commandant de la Force Radwan, unité commando d'élite du Hezbollah », que l'armée israélienne a confirmé avoir éliminé », après une annonce déjà faite la veille par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz. Une source proche du Hezbollah, citée mercredi par l'AFP, avait nommé la victime Malek Ballout.
« Dizaines d'attentats terroristes »
Selon le communiqué de l'armée israélienne, « pendant des années, Ballout a occupé différents postes au sein de la Force al-Radwan, notamment celui de commandant des opérations. À ce titre, il était responsable de la préparation et de la mobilisation de l'unité en vue de combats contre les forces israéliennes et l'État d'Israël », a indiqué Ella Waweya, porte-parole de l'armée israélienne, sur X. Ces derniers mois, « Ballout a orchestré des dizaines d'attentats terroristes contre les forces israéliennes » occupant des positions au Liban-Sud, « notamment avec des tirs de missiles antichars et la pose d'engins explosifs. L'armée israélienne accuse également ce responsable militaire d'avoir « renforcé les capacités de la Force al-Radwan, notamment par la mise en œuvre du « Plan d'occupation de la Galilée ».
Commentant à nouveau cet assassinat, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré dans une vidéo qu' « aucun terroriste ne bénéficie d’immunité. Quiconque menace Israël met sa propre vie en danger ». Le commandant éliminé « pensait pouvoir continuer à diriger des attaques contre nos forces et nos communautés depuis son quartier général terroriste caché à Beyrouth », a-t-il ajouté. Et d'ironiser : « Il avait apparemment lu dans la presse qu’il bénéficiait d’une immunité à Beyrouth. Il l’a lu — et cela ne se reproduira plus. ».
Des habitants fuient à nouveau la banlieue sud de Beyrouth
Sur place, dans la banlieue sud, des habitants ont quitté le quartier tout de suite après ce nouveau bombardement, et ce alors même que de nombreux déplacés, qui avaient fui la zone après la reprise des frappes début mars, hésitent toujours à rentrer chez eux. Dès le début de la guerre, l'armée israélienne avait ordonné le 5 mars à la population d'évacuer la banlieue sud, qui compte entre 600.000 et 800.000 habitants. Le Hezbollah lui-même n'encourage pas pour le moment un retour. « Les gens ont toujours peur », reconnaissait mercredi, sous couvert d'anonymat un partisan du Hezbollah, lors d'une visite organisée pour les médias par le mouvement avant le raid de Haret Hreik.
Cette frappe est la première sur la banlieue sud depuis le « mercredi noir », le 8 avril, lorsque l'aviation israélienne avait mené en quelques minutes des bombardements massifs et meurtriers sur tout le Liban, dont plusieurs sur Beyrouth. Plusieurs pays, dont les États-Unis, avaient ensuite fait pression sur Tel-Aviv pour que la capitale libanaise ne soit plus ciblée. Une trêve est entrée en vigueur le 17 avril entre le Hezbollah et Israël, qui a cependant poursuivi ses frappes dans le sud et l'est du pays. Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait au moins 2 702 morts et 8 311 blessés depuis le 2 mars, date à laquelle la guerre entre Israël et le Hezbollah a repris après plus d’un an de cessez-le-feu, pendant lequel l’État hébreu a bombardé presque tous les jours le Liban et le Hezbollah a rechigné à remettre ses armes à l’armée libanaise.



Il s’est sacrifié «pour la semelle de la savate de Naim Kassem», comme beaucoup d’autres apparemment le souhaitent avec ferveur. Partir paisiblement dans son lit n’est pas l’idéal de tout le monde.
20 h 14, le 07 mai 2026