Le Premier ministre Nawaf Salam tenant un discours à la sortie d'un Conseil des ministres au palais de Baabda. Photo ANI
Le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré mercredi que « le Liban ne cherche pas à normaliser ses relations avec Israël, mais plutôt à faire la paix », tout en affirmant que « l'exigence minimale » du Liban dans les négociations est d'obtenir un « calendrier clair » pour le retrait israélien du Sud du pays et qu'une rencontre Aoun-Netanyahu à ce stade était « prématurée ».
Lors d'un point presse sur les pourparlers avec Israël, M. Salam a tenu à souligner que Beyrouth « négocie en son nom propre », bien que cela ne signifie pas que son approche est « totalement dissociée des dynamiques régionales », alors que des pourparlers se poursuivent entre l'Iran et les États-Unis.
Parmi les priorités affichées du Liban, M. Salam a affirmé qu'« un calendrier clair pour le retrait israélien » était « l'exigence minimale » de Beyrouth dans le cadre de ces négociations. Outre le retrait complet de l'armée israélienne, qui occupe plus de 600 km² de territoire au Liban-Sud où Tel-Aviv souhaite imposer une « zone tampon », il a évoqué « le retour des populations déplacées, la libération des prisonniers et le règlement des points litigieux le long de la frontière ».
Au sujet d'une éventuelle rencontre entre le président Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, souhaitée par le président américain Donald Trump, M. Salam a estimé qu'une telle entrevue était « prématurée ». « Toute rencontre de haut niveau avec la partie israélienne exige une préparation approfondie », a-t-il précisé, ajoutant que toute avancée vers de tels pourparlers devait aussi passer « par la consolidation du cessez-le-feu » du 17 avril, violé quotidiennement par Israël et le Hezbollah. Ce sujet devrait être discuté lors d'une troisième réunion préparatoire entre les ambassadeurs des deux pays à Washington.
« Réexamen » du plan sur le monopole des armes
Nawaf Salam a également rappelé que les négociations directes prévues avec Israël ne constituaient pas une première, puisque de telles discussions avaient déjà eu lieu.
Il a également indiqué que son gouvernement entend « réexaminer et développer » son plan sur le monopole des armes, en parallèle du processus diplomatique visant à mettre fin à la guerre en cours. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de déployer « une force internationale » dans le sud du Liban, chargée de « surveiller, coordonner et documenter » la situation et les efforts déployés sur le terrain, appelant de ses vœux « une participation européenne » à ce processus, alors que le mandat de la Finul, la force intérimaire des Nations unies au Liban, arrivera à expiration à la fin de l'année 2026 et que les États-Unis et Israël cherchent à exclure la France du « mécanisme » de surveillance mis en place pour encadrer le cessez-le-feu du 27 novembre 2024.
Le Premier ministre a enfin insisté sur la nécessité de mener simultanément un dialogue interne afin de renforcer l’autorité de l’État et de mettre en œuvre la stratégie de défense nationale, tout en appelant à contenir l’escalade actuelle par le maintien et le renforcement du cessez-le-feu dans le Sud.
Pour sa part, le président du Parlement Nabih Berry a espéré, dans un entretien accordé à al-Jazeera, que « les négociations irano-américaines aboutiront bientôt à une conclusion positive ».
Il a également indiqué que sa relation avec le président de la République Joseph Aoun et le chef du gouvernement était « solide et importante pour consolider la stabilité ».
Abordant la situation sécuritaire au Liban, M. Berry a une nouvelle fois accusé Israël d'avoir « violé l’accord de cessation des hostilités malgré l’engagement du Hezbollah », soulignant que « tout accord libanais avec Israël nécessite des garanties car il ne respecte pas ses engagements ». Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi « nous a confirmé que le Liban fait partie de tout accord avec Washington pour un cessez-le-feu », a-t-il ajouté.
Le chef du Législatif a aussi affirmé « compter sur l’unité interne et le parapluie arabe dans les circonstances actuelles ».




Le vicaire apostolique en visite à Maghdouché, salue « la résilience des chrétiens en première ligne »
C’est très bien de demander l’évacuation du sud par Israël, mais en contrepartie de quoi ? Le voisin l’a dit, désarmez la milice d’Iran. Si on ne le fait pas comment le convaincre de rentrer chez lui ? Le sud est pratiquement détruit, mais le voisin qui a été imprudemment attaqué, a lui aussi subi de grosses pertes, jamais envisagées auparavant. Le juge salam sait très bien que c’est donnant donnant, reste aux autres de s’en convaincre. On n’a rien gratuitement.
07 h 16, le 08 mai 2026