Le président du Parlement Nabih Berry recevant le chef du CPL Gebran Bassil à Aïn el-Tiné le 5 mai 2026. Photo Ani
Dans une manœuvre plutôt inhabituelle compte tenu de leurs divergences sur le plan politique, le président du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a été accueilli à Aïn el-Tiné par le président du Parlement - et chef du mouvement Amal, allié du Hezbollah -, Nabih Berry. Tous deux ont discuté « des derniers développements au Liban à la lumière de la poursuite par Israël des violations de l’accord de cessez-le-feu et de son agression contre le Sud, ainsi que des évolutions politiques et la situation intérieure », selon ses propos rapportés par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Le président de la formation aouniste a appelé à l’unité et à la solidarité dans les circonstances actuelles marquées par la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah et mises en péril par l’instabilité interne, sur fond de tensions communautaires latentes exacerbées par le conflit.
Le président de la formation aouniste a expliqué à l’issue de la réunion qu’il a mis à profit cette rencontre pour présenter sa « proposition pour protéger le Liban par le dialogue », une initiative en trois axes qu’il a déjà promue auprès d’autres responsables politiques et religieux.
Israël continue de raser l’essentiel des constructions d’une région de 600 km² à proximité de la frontière vers l’intérieur du territoire libanais, qu’elle a décidé d’ériger en « zone tampon » malgré un cessez-le-feu censé être en cours depuis plusieurs semaines.
« J’ai rencontré aujourd’hui le président pour suivre ensemble la proposition visant à protéger le Liban, car nous ne sommes pas seulement confrontés à une guerre israélienne et à une destruction systématique du Sud et au déplacement organisé de nos habitants du Sud — ce qui représente déjà un grand défi — mais nous faisons face à un changement délibéré que nous devons affronter en restant solidaires », a-t-il déclaré.
« Mais le plus dangereux, a-t-il ajouté, c’est que nous subissons chaque jour une instabilité interne. Cela doit nous pousser tous à être plus attentifs et à craindre pour notre unité nationale. Comme on le sait, la guerre extérieure est bien moins dangereuse que la guerre intérieure. Cela nous impose de nous solidariser pour l’empêcher. »
« Nous avons donc discuté de la manière de protéger le Liban, de préserver notre unité interne et de renforcer notre front intérieur par la solidarité entre nous, et de la manière de traduire cela concrètement. Nous avons conclu que la plus large concertation nationale est la meilleure voie pour consolider ces idées et parvenir à une position nationale commune et unifiée », a conclu Gebran Bassil.
Le président du Parlement n’a pas fait de déclaration à l’issue de la visite.


