Le chef du CPL, Gebran Bassil, et une délégation du parti rencontrent le mufti de la République, Abdellatif Deriane, à Dar al-Fatwa le 31 mars 2026. Photo ANI
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a présenté mardi sa « proposition pour protéger le Liban par le dialogue » au mufti de la République, Abdellatif Deriane, au cheikh Akl druze Sami Abi el-Mona, et au vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali Khatib, lors de visites auprès de ces personnalités. Il a affirmé avoir reçu leur soutien à son initiative qui intervient dans un contexte de tensions accrues dans le pays, après l'entrée en guerre du Hezbollah avec Israël le 2 mars dernier.
L'initiative de M. Bassil s'articule autour de trois idées principales. La première est un code de conduite interne fondé sur le rejet de la violence et de l'incitation à la haine, tant médiatique que politique. La deuxième repose sur le rejet collectif, par les Libanais, de toute discorde interne, de l'occupation israélienne et de toute ingérence étrangère dans les affaires internes. Enfin, la troisième propose une solution fondée sur l'exclusivité du contrôle des armes par l'armée et l'État libanais, ainsi que sur le retrait complet des forces israéliennes du territoire national.
« Cette phase exige une grande vigilance ; aujourd'hui n'est pas le temps des manœuvres politiques ou de la compétition électorale, mais plutôt celui de la sagesse et de la vigilance pour préserver le pays », a déclaré M. Bassil à Dar al-Fatwa. Il a ajouté que le CPL poursuivrait cette tournée en partageant ces idées globales et en dialoguant avec tous les partis et organisations religieuses et politiques, dans l'espoir de les traduire en actions libanaises communes, grâce à des efforts concertés pour préserver et protéger le Liban.
Depuis le début de cette nouvelle guerre le 2 mars, Israël a tué au moins 1 268 personnes au Liban et forcé plus d'un million d'habitants, principalement originaires du Sud, à fuir leurs foyers.
Avec l'entrée du Hezbollah dans le conflit, les divisions au Liban ont atteint leur paroxysme, non seulement entre les partis politiques, mais aussi sur les réseaux sociaux et dans les médias. Sur le plan politique, les tensions sont palpables, des questions clivantes telles que le désarmement du Hezbollah et l'expulsion de l'ambassadeur iranien dominant l'agenda gouvernemental.
« Notre mission est de mettre fin à la guerre et de prévenir les combats internes, le chaos, les conflits, l'insécurité, la violence et les idées qui menacent l'unité et l'existence du Liban », a déclaré Gebran Bassil lors de sa rencontre avec le chef de la communauté druze. De son côté, le cheikh Abi el-Mona a souligné « la nécessité d'une collaboration étroite entre les autorités religieuses, politiques et nationales pour surmonter la période difficile que traverse le pays, et de privilégier une voix modérée et rassembleuse plutôt que celles qui risquent de diviser le peuple libanais ».
Pour sa part, le cheikh Khatib a déclaré partager « la plupart des points soulevés » par M. Bassil. « L'important est d'éviter les conflits internes. Chacun pourra alors exprimer son point de vue, et nous pourrons nous asseoir et en discuter calmement afin de trouver des solutions. Si les intentions sont sincères, l'État assumera ses responsabilités de manière que personne ne se sente obligé de se défendre. », a-t-il dit.
« Lors des guerres de 2006 et 2024, nous avons vu comment les personnes déplacées sont rentrées directement chez elles. Aujourd'hui, le plan d'Israël est de provoquer des déplacements permanents de population afin de fragmenter le Liban et de créer une nouvelle réalité démographique. Notre réponse doit être une plus grande solidarité entre nous et un attachement plus fort à notre terre », a réagi Gebran Bassil.
Le chef du CPL, qui s'était réuni jeudi avec le président Joseph Aoun, avait annoncé avoir présenté au chef de l'État « une proposition visant à protéger le Liban par le dialogue entre les Libanais, et non par la confrontation ».


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin