De la fumée s’élève à la suite d’une explosion au Liban, vue depuis le côté israélien de la frontière avec le Liban, le 3 mai 2026. Photo REUTERS / Shir Torem
Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a estimé mardi que « celui qui ne reconnaît pas ce que fait le président légitime du Liban et le gouvernement ne reconnaît pas l’existence d’un État au Liban », alors que des négociations doivent prochainement se tenir entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l'égide de Washington, et que les États-Unis poussent le président libanais Joseph Aoun à rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
« À ceux qui disent ne pas être concernés par les négociations légales et constitutionnelles menées par le président de la République en coordination et en solidarité avec le Premier ministre et le gouvernement, cela signifie qu’ils renient le Liban en tant qu’État, la majorité des Libanais et, par extension, le pays en tant que patrie », a souligné le chef du parti chrétien, invitant les responsables de l’État à agir en conséquence.
« Ces derniers jours, nous avons entendu certains réaffirmer qu’ils ne se sentent concernés ni par les négociations menées par le Liban ni par les accords qu’il pourrait conclure. À ces personnes, nous disons : nous ne sommes pas concernés par vos propos ni par tout ce que vous faites, si ce n’est que cela a provoqué des catastrophes au Liban et pour les Libanais », a-t-il ajouté. M. Geagea répondait au secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem, qui avait réitéré lundi son rejet des négociations directes entre le Liban et Israël, appelant plutôt à des pourparlers indirects.
L'ambassadeur américain Michel Issa avait affirmé lundi qu'une rencontre entre Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu « ne constitue pas une défaite ni une concession ». Une visite du chef de l’État libanais aux États-Unis « permettra de mettre les demandes du Liban sur la table », a-t-il insisté, ajoutant que l'administration américaine souhaite « préserver l’indépendance et la dignité du Liban. » « Netanyahu n'est pas le croque-mitaine, c'est lui l'autre partie dans les négociations », a-t-il ajouté.
« Le Liban dispose d’un Parlement élu de manière démocratique et effective, qui représente fidèlement le peuple libanais. Ce Parlement a élu le président Joseph Aoun à la majorité de 99 voix sur 128. Il a ensuite accordé sa confiance au gouvernement actuel à deux reprises consécutives, avec une majorité dépassant les deux tiers. Par conséquent, ceux qui représentent les Libanais sont le président de la République et le gouvernement, chacun selon les prérogatives que lui confère la Constitution », a poursuivi Samir Geagea.
Joseph Aoun avait affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël devrait précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, estimant que le moment d'une telle entrevue n'était actuellement « pas approprié ». « Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité » et obtenir « l'arrêt des agressions israéliennes » contre le Liban, a-t-il dit, sans rejeter explicitement l'option de la rencontre.


